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13/11/2010

Qui se souvient de Michel Houellebecq ?

 

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De Cioran à propos de Borges : « La malchance d’être reconnu s’est abattue sur lui. Il méritait mieux. Il méritait de demeurer dans l’ombre, dans l’imperceptible, de rester aussi insaisissable et aussi impopulaire que la nuance… La consécration est la pire des punitions… À partir du moment où tout le monde le cite, on ne peut plus le citer, ou, si on le fait, on a l’impression de venir grossir la masse de ses « admirateurs », de ses ennemis. Ceux qui veulent à tout prix lui rendre justice ne font en réalité que précipiter sa chute. »

Voilà ce qui est en train d’arriver à Houellebecq et voilà ce qui fait que Cioran me semble aujourd’hui moins négligé que Borges, duquel la critique en adoration devant lui pendant plusieurs décades s’est affranchie, celle-ci n’hésitant plus à relever ses « tours » et ses facilités, quand elle daigne encore relever quelque chose de lui. Le succès « de son vivant » d’un écrivain est une sorte de pacte faustien : la damnation éternelle l’attend au bout du chemin. Houellebecq l’a d’ailleurs fort bien compris, qui s’interroge dans son dernier roman sur la disparition littéraire de Jean-Louis Curtis, un méritant lauréat du Goncourt dont la mort en 1995 fut saluée par un silence écrasant. Curtis que plus personne ne lit, donc, hormis Houellebecq lui-même.

Portrait de Michel Houellebecq par Joëlle Delhovren.

 

09/08/2010

Doux comme l'homme

 

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Quand je vois tous ces couteaux sur les tables, dans les poches, les vitrines, les ateliers… je me dis que c'est miracle qu'il n'y ait pas plus de morts… On dit l'homme belliqueux, vindicatif, brutal… toujours prêt à prendre le mors aux dents… je le trouve au contraire sage, pondéré, patient, compatissant.

Deux jardiniers dans un jardin… se fendent-ils le crâne à coup de bêche ?

Une rage permanente devrait habiter l'homme. Une volonté insatiable de destruction devrait animer chacun de ses gestes et chacune de ses pensées. L'annihilation de tout ce qui a contribué à son émergence ici-bas devrait occuper chaque minute de sa vie. Son propre anéantissement devrait guider inlassablement ses pas. Au lieu de ça… avec superbe, avec humour… une fleur à la boutonnière… il marche vers la mort en sifflant un air joyeux — puisqu'on ne lui a pas laissé le choix. Et quand enfin il parvient au bord l'Abîme, il note dans son carnet, en réprimant un rire : le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie… Le courage est sa vraie nature, la lucidité son armure.

 

 

26/06/2010

Que le sport regagne sa place et les veaux seront bien gardés

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Quand la France était un pays civilisé, ses habitants ne manquaient jamais une occasion de mépriser le sport — de le mépriser ou d'en rire. Ne serait-ce que par hygiène mentale. Ô sagesse infinie de ce peuple, alors.

Ce mépris pour les gesticulations et le culte du corps musclé était comme une marque de fabrique. Sans être interdit ni vilipendé à tout bout de champ, le sport était considéré avec hauteur, distance et amusement. Le peuple de France le tolérait à la condition expresse qu'il sût garder sa place, à savoir celle qu'on réserve habituellement aux choses insignifiantes.

Les temps ont donc infiniment changé.

Ce qui est le plus navrant dans cette histoire n'est pas tant le déballage sacrificiel auquel nous avons assisté par presse et télé interposées, mais plutôt l'absence de toute forme de rire. Il y a bien eu des moqueries, certaines très amusantes d'ailleurs, mais a aucun moment je n'ai entendu ce rire qui montait autrefois du fond des âges et replaçait sans heurt ni offense les personnes et les choses à leur place. Au contraire, l'exécrable et mesquin ressentiment a tout emporté sur son passage comme une coulée de boue.

Mais peut-être que le pays est beaucoup plus malade qu'il n'y paraît. Et ce n'est pas de crise économique, qu'il souffre, ni de multiculturalisme ou de xénophobie et autre phobie en vogue. Je me demande si l'esprit français, ou l'âme du peuple français, appelez ça comme vous voulez, n'a pas disparu, tout simplement. Et avec cet esprit ou cette âme ce qui formait le noyau central de notre civilisation : légèreté et profondeur.

Alors bien sûr on pourrait attribuer à cette disparition tout un tas de causes… et dénoncer des responsables, et remettre la machine à haine en route, et cela sans même s'en rendre compte. On a vu ce qui s'est produit lorsque le gouvernement a invité les français à partir en quête de leur identité : une empoignade générale. Oublions donc cette idée. Et cherchons dans nos poches et dans nos souvenirs les quelques miettes de légèreté et de profondeur qu'il nous reste forcément. Avec un peu de chance, elles pourraient encore nous servir de boussole (je me trouve très optimiste, aujourd'hui).

01/06/2010

Les juifs et les arabes font chier

80% de la population française se contrefout des juifs et des arabes. Sauf quand ces juifs et ces arabes se mettent sur la gueule en France, ou manifestent en France, ou pleurnichent en France, ou revendiquent en France, ou militent en France, ou tuent en France. Là, 80% de la population française ne s'en fout plus. Elle en a ras le cul. Elle a envie de les «reconduire à la frontière» (*), que ces juifs et ces arabes soient français ou non.

Je trouve que 80% de la population française a été très patiente. A Accordé beaucoup de crédit, souvent sonnant et trébuchant, à tous ces types qu'elle a en outre consolés, qu'elle a plaints et auprès desquels elle s'est même excusée — allez savoir pourquoi ? Tout ça pour quel résultat ?… Des avions détournés sur son sol par des arabes en pagaille, des injures proférées contre elle par des juifs à gogo ! Sans compter les ricanements dans son dos des amerlocs, des russcofs et sans doute un peu aussi des englishs.

Hier, des types ont manifesté en France contre les juifs parce que des trouffions israéliens ont embarqué à bord de bateaux sans y être invités. Et peut-être bien que des juifs ont manifesté contre les arabes. Dans les journaux et à la TV, c'est l'empoignade entre les pour et les contre, les juifs et les arabes. Journaux et TV français. Des connards, auquel je déconseille vivement de naviguer dans mes parages, me somment, moi et le reste des 80% de français qui n'ont rien à foutre de toutes ces histoires, de prendre parti. Pour ou contre les juifs, pour ou contre les arabes.

Eh bien soit, je prends parti. Celui de les emmerder les uns comme les autres.

(*) Comme dirait Brice, le cervelas ministériel.

12/05/2010

Les fruits de Tintin au Congo


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Des malheureux n'aiment pas les chroniques de Vialatte. Les rebute le plus souvent une impression de bric-à-brac et de cabinet de curiosités. Un de ces pauvrets, grand signeur de la presse, lui reprocha même de ne posséder qu'un «savoir quidesque». Et peut-être cela était-il vrai : le Quid, unique grimoire trônant sur la table d'écriture de l'Auvergnat.

Aggravons, si vous le voulez bien, le cas de cet écrivain, nous qui aimons tant ses chroniques : Vialatte était raciste (que Patrick Lozès, président du CRAN, approche son oreille et nettoie la lentille de son téléscope; je viens de lui trouver du grain à moudre).

Dans la chronique Le siècle d'Ubu et de Fantomas (Antiquité du Grand Chosier, éd. Julliard, 1984), Vialatte, par ailleurs auteur d'un roman au titre déjà fort douteux, Les Fruits du Congo, a écrit, deux points, ouvrez les guillemets : «Nous sommes devenus comme ces nègres, ou ces enfants, que l'avion supersonique ne surprend pas plus que le vélo.»

Cette phrase — nauséabonde et rappelant les heures sombres du colonialisme, de l'esclavagisme, du priapisme, de l'alcoolisme et du botulisme — sera bientôt précédée d'un avertissement (en tout cas dans notre exemplaire, écrit au crayon à papier d'une main tremblante et indignée), et cela dans un souci pédagogique.

«Et c'est ainsi qu'Allah est grand.»

 

06/05/2010

Éoliennes et Grenelle sont sur un plateau

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Dans un communiqué daté du 16 mars 2009, le Danois Vestas, leader mondial de la fabrication d'éoliennes, se déclarait «heureux d'annoncer la récente ouverture de nouveaux bureaux à Paris, La Défense.» Au prix du m2 dans ce quartier, «heureux» veut dire qu'on a gagné beaucoup d'argent. Zieutez seulement : immatriculé au registre du commerce de Montpellier en décembre 2002, la filiale française de Vestas a déclaré 18 millions de chiffre d'affaire en 2004, 160 millions en 2006 et 228 millions en 2008. Reportée sur un graphique, cette courbe de progression ressemble à une trajectoire de navette spatiale. Quant au chiffre d'affaire mondial de Vestas, tous marchés confondus, il avoisine les 7 milliards d'euros.

Sans un soutien public, l'industrie éolienne ne rapporte pas un sesterce. Vous pouvez souffler avec le vent pour faire tourner les moulins plus vite, ça ne change rien au problème. L'industrie éolienne, au plan strictement comptable, c'est du vent. Du vent si les états ne donnent pas le nécessaire petit coup de pouce qui fait pleuvoir les talbins. En France, ce coup de pouce s'appelle CSPE. C'est une taxe. Vous l'ignorez peut-être mais vous l'acquittez. Quand vous réglez votre facture d'électricité, un, deux ou trois euros servent à financer les énergies renouvelables. C'est votre Contribution au Service Public d'Électricité : CSPE. En janvier, ma facture s'élevait à 80,35€. Montant de la CSPE : 1,42€ (détail amusant : sur cet euro 42, l'Etat prélève 19,3% de TVA. Pas de petits profits. C'est la taxe dans la taxe, la crème à l'intérieur du chou. Une spécialité du terroir).

Avec tout ce pognon gagné en sus, EDF rachète le kw/h aux opérateurs éoliens trois fois son prix de base. Lesquels opérateurs, alléchés par le tarif, se sont mulitipliés comme les canons de rouge aux noces de Cana. Et avec eux, les éoliennes. C'est ainsi que la filiale française de Vestas est devenue grande et l'industrie éolienne prospère.

2400 éoliennes en France en 2009. Pour les uns, c'est trop, pour les autres, pas assez. A chacun ses goûts et ses dégoûts. En Haute-Loire, sur le plateau d'Ally-Mercoeur, altitude moyenne 1000 mètres, 26 trèfles blancs de 120 mètres de haut ont fleuri en 2005. Pour que ces bouzines ne se couchent pas au premier coup de vent, il a fallu couler dans le sol des blocs de béton de 1000 tonnes. Ça fait donc 26 000 tonnes de bon et gros béton qui disparaîtront dans deux ou trois millions d'années, sans doute avec le décor. Ces bouzines ne tournent qu'un quart du temps. L'hiver, en raison du givre qui se dépose sur les pales, elles roupillent même énormément. Sans compter qu'il vaut mieux ne pas traîner dans les parages quand elles redémarrent. Des morceaux de glace sont alors projetés à deux ou trois cents mètres de là. Des vraies bombardes. A noter que cette région du Massif Central est le coin d'Europe le plus exposé au givre. L'opérateur* et le constructeur** l'ignoraient au moment de choisir le site. Maintenant, ils le savent.

Non loin d'Ally-Mercoeur, dans le Cantal, une douzaine d'éoliennes sont réparties entre le col de la Fageolle, qui domine Saint-Flour, et Talizat et Rézentières, au-dessus de Neussargues (oui, je sais, ces bleds vous sont inconnus et c'est tant mieux). Pour peu qu'on se tienne sur une hauteur, et Dieu sait s'il y en a dans cette région, on embrasse donc une quarantaine d'éoliennes d'un seul regard. J'ai beau ne pas être bégueule, ça m'en fiche un coup à chaque fois. Même vues de loin, je les trouve loin d'être bien. On dirait des croix blanches dans une nécropole militaire.

J'entendais récemment un militant de la cause d'Éole reprocher aux députés UMP de vouloir casser le Grenelle (de bénitier) de l'environnement, et cela au profit de quelques lobbies industriels, comme celui du nucléaire — ou des cure-dents, je ne sais plus. Pourquoi pas ? Le marché français de l'éolien peut fort bien se refermer aussi vite qu'il s'est ouvert. Néanmoins, lorsque j'entendais ce militant, il ne faisait aucun doute dans mon esprit qu'il défendait les intérêts d'un non moins puissant lobby industriel, celui des éoliennes. Et peut-être le faisait-il sans même s'en douter. A ce militant, je conseillerai de venir faire un tour dans ce petit coin d'Auvergne décrit ci-dessus. 40 éoliennes dans la mire, ce n'est pas rien. Et s'il lui prenait l'envie de me servir un de ses arguments à la mode sur le caractère transitoire de tout paysage, je lui proposerais alors d'adopter une éolienne de 120 m et de l'installer dans son jardin et de la contempler matin et soir. Spectacle transitoire garanti.

*Boralex (Canada) — **General Electric (Etats-Unis)

19/04/2010

Un journal appelé Le Monde

Lu dans la page sport du Monde.fr à propos d'un joueur français qui aurait fauté avec une prostituée mineure : «Ribéry avait l'air sérieux. Il s'est converti à l'islam et présentait tous les signes extérieurs de la conformité religieuse.» Je laisse à chacun le soin d'apprécier ces deux phrases, de les méditer, d'en rire et d'en pleurer. Le Monde, qui bouffe une dizaine de curés par jour et conpisse le catholicisme avec un bel entrain, voit apparemment dans l'Islam un gage (certain) de vertu et dans ce footballeur "converti" quelque chose comme un traître (à lyncher). Il "avait l'air sérieux" mais ne l'était pas. Ce journal m'étonnera toujours…

10/04/2010

Un avion polonais s'écrase sur la télévision française

Un pays allié, un pays ami a perdu son président et une bonne partie de son élite dans un accident d'avion. Nous sommes unis à ce pays par l'Histoire et par une certaine façon de regarder le monde et de l'éprouver. Nous avons déclaré la guerre aux nazis quand ce pays a été envahi par cette bande de salopards et ce pays nous a offert sa plus belle jeunesse pour extraire le charbon de nos mines. Nous avons aidé ce pays et ce pays ne nous a jamais abandonné. Pour toutes ces raisons, et beaucoup d'autres, nous appartenons à la même famille.

Jusqu'à ce soir. Ce soir, les journaux télévisés français ont consacré moins de dix minutes de leur soupe à ce qu'il faut bien appeler le drame polonais. Moins de dix minutes. Une soupe dont les plus gros morceaux étaient la retraite de Le Pen, le sport, le retour du soleil et les faits divers. Je n'invente rien. L'homme tronc (con) de France 2 a même conclu le «chapitre» polonais par un convenu et révélateur : «Voilà tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet événement.» Evénement dont il n'a rien dit, sinon : avion tombé, stop - polonais tristes, stop - président mort, stop - président conservateur catholique, stop.

Un pays européen se trouve décapité et c'est «tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet évènement». Un pays auquel Poutine en personne venait, non sans quelques arrières pensées, de présenter les excuses du peuple russe pour le massacre de Katyn. Un pays dont Obama a souligné combien le drame qui l'affectait était aussi celui des Etats-Unis. Un pays dont l'enjeu géopolitique et géostratégique échappe apparemment totalement aux journalistes de la télé française.

Voilà tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet événement — qui nous a surpris en plein apéro. C'est pas une excuse !

 

09/04/2010

Mort d'un comique voyageur

J'ai longtemps cru que Malcolm MacLaren était une voiture ou un pilote de Formule 1, enfin un truc vrombissant et tapageur. Jusqu'à ce que je me rende compte que c'était effectivement le cas. MacLaren était vrombissant et tapageur. Mais loin d'être con, ça non. Les Sex Pistols, qu'il inventa puis lança comme une pierre dans l'eau, fut un des plus gros gags musicaux des 50 dernières années. Un gag auquel un tas de sourds crut dur comme fier. Et il en fit bien d'autres, Malcolm, des farces de ce genre. J'apprends qu'il vient de canner. Hâtons-nous de lui mordre un orteil — sûr qu'il se fout encore de nous. D'ailleurs, j'entends d'ici qu'il pouffe.

08/04/2010

La Vendée ? Vendez !

En Vendée, il y avait des digues, il n'y en a plus. Et derrière ces digues, il y avait des maisons, qui auront elles aussi bientôt disparu. Ce que la flotte n'a pas emporté, le pouvoir politique se charge de le balayer.

C'est qu'il ne veut plus construire de digues, le pouvoir politique. Il ne veut plus se faire chier à relever des murs que l'océan détruit tous les quarante ou cinquante ans. Il ne veut plus entendre parler de noyés, surtout. Ce qu'il veut, c'est un pays sans risque, où 65 millions de Français vivraient en Auvergne, par exemple, serrés les uns contre les autres au sommet du Puy-de-Dôme, c'est-à-dire le plus loin possible des côtes et très au-dessus du niveau de la mer.

Imaginons un instant que la même chose se produise en Hollande, où une bonne partie de la population vit non seulement au bord de la mer, mais en dessous de son niveau — les fameux polders (pas besoin d'imaginer, d'ailleurs, en 1953 deux milles hollandais ont bel et bien bu la tasse). Que feraient ces mangeurs de fromage du nord, en pareilles circonstances ? Ils reconstruiraient. Faut dire qu'ils n'ont guère le choix, la place leur étant comptée. Ils remonteraient leurs manches, consolideraient les digues et trouveraient d'autres astucieuses solutions pour tenir la nature à distance, au moins pour un temps. Jusqu'à la fois suivante. Comme ils le font depuis des siècles.

En France, non. Le truc à la mode, c'est : renoncer. La nature veut reprendre ses droits ? Pas de problème. Entrez seulement. Vous êtes chez vous. Avant on aurait mobilisé, sonné le tocsin dans les communes, et les digues, pierre par pierre, auraient été remontées. Mais plus maintenant. Maintenant on pratique la politique de l'abandon. Zones Noires, qu'on appelle ça. Un coup de bull dans les baraques et des panneaux plantés à leur place indiquent que la République n'ira pas plus loin désormais, qu'au-delà la nature est chez elle, etc.

Je viens même d'apprendre que des maisons vendéennes qui n'ont pas été inondées, qui sont donc intactes, seront démolies comme les autres, car le terrain sur lequel elles se trouvent vient d'être déchu de son droit à recevoir des hommes. Terrain jugé dangereux et rebaptisé Zone Noire. Noire comme l'obscurité qui gagne ce pays.

Un préfet, ou un ministre, ou je ne sais plus quel autre sorte de zombie, a dit à un journaliste que c'était affaire de bon sens, laissant entendre par là que toute personne qui s'aviserait de contester la décision passerait pour folle, voire malhonnête, voire les deux.

Je suis né en France en 1964 et je n'ai jamais ressenti le besoin de quitter ce pays, sauf pour aller goûter la bière des voisins. Pourtant, comme dans la Machine à explorer le temps, et alors même que je n'aurai pas bougé d'un centimètre, je mourai dans un lieu totalement différent, où la nature aura repris ses droits et où les Morlocks mangeront les Éloïs. Un lieu où il ne fera pas bon être un Éloï.

 
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