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28.11.2008

Le MRAP invente le Mracisme

Le Mracisme, c'est un style et une syntaxe inimitables, un sens aiguë de l'hyperbole et une mauvaise foi sans limites. Un communiqué du MRAP dénote souvent d'un caractère Mraciste. Echantillon :

 «C’est avec consternation que nous avons découvert les insoutenables propos qu’a tenu Eric Zemmour le 13 novembre 2008 sur Arte (voir http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=2120...) lors de l’émission "Paris-Berlin, le débat". Ce jour-là, il déclarait notamment qu’il existait « des races » reconnaissables « à la couleur de peau ». Pour le MRAP, M. Zemmour justifie et participe dangereusement par ces déclarations à la réhabilitation des tenants de l’existence des races humaines et, de fait, participe à banaliser cette idéologie racisante. Le MRAP est d’autant plus outré que Eric Zemmour confirme sa posture en s’adressant à Rokhaya Diallo, présidente de l’association "Les indivisibles", en la qualifiant de personne de « race noire » et se définissant lui-même comme étant de « race blanche ». Par ces propos, Eric Zemmour entretient là aussi le regard raciste à l’endroit d’une citoyenne qui est française comme lui. Le MRAP attend des responsables de la télévision publique française qu’ils désavouent ces propos qui salissent les émissions dans lesquelles Eric Zemmour est invité.

Paris, le 19 novembre 2008.»

27.11.2008

Longue vie...

Claude Lévi-Strauss est né le 28 novembre 1908. A Bruxelles. Demain, la télé, la radio et les journaux célébreront son centième anniversaire. Je retiens mon souffle. Imaginez qu'il casse sa pipe pendant la nuit...

17.11.2008

My left blog

Né à Epinay en 1971, le Parti Socialiste est issu d'une famille nombreuse, dont il fit la fierté jusqu'en 1995, année au cours de laquelle il contracta une paralysie cérébrale. Depuis lors, il est l'ombre de lui-même, incapable du moindre mouvement, à l'exception notable de son pied gauche, agité de spasmes chroniques, qui font la joie et le désespoir de la classe politique. Voici quelques mois, son entourage a entrepris d'écrire sa biographie sur des blogs appelés «left blogs». Des producteurs désireux de porter sa vie à l'écran en ont acheté les droits. Daniel Day-Lewis est pressenti dans son rôle. Déjà on parle d'une suite, dont il se murmure qu'elle aurait pour tire : There will be blood.

 

 

14.11.2008

Ego blog

Souvent, le blog, c'est le Gala du pauvre, l'Ici-Paris du benêt. On y colle sa photo et celle de ses ami(e)s, avec des légendes aussi raffinées que : Alain dégueule dans la bouche de Sophie à la soirée des deuxième année… mdr ! Sur Skyblog, c'est un festival. Toutes les julies convergent là, prennent des poses avantageuses, commentent et se commentent, et surtout mentent beaucoup. Elles sont pardonnables, le but du jeu étant de dénicher un petit mâle qui soit pas totalement bouffé par l'acnée. Notez que le blog, sur ce plan, n'a rien inventé. La parade nuptiale concerne à peu près tous les animaux sexués. Le paon fait la roue, la paonne fait la conne, que du très classique. La seule nouveauté de cet engin, son pluSSE comme on dit en l'an de grâce 2000 et des rombières, c'est le taux de pénétration : considérable ! Avec un sourire bien aguicheur et des yeux pas pochés, une petite branleuse de Saint-Just-Saint-Rambert peut taper dans l'oeil d'un blaireau situé à au moins trois pâtés de maisons de chez elle. Et sans bouger le cul de sa chambre rose, est-il besoin de le préciser ? Rien que pour ça, Internet valait tous les investissements consentis par l'Etat et les collectivités bocales depuis une dizaine d'années. J'imagine que ça doit se chiffrer en milliards de queues de cerises, à présent.

Bon. Le Mouvement pour la Limitation de la Femme (un club de paires de jumelles à infrarouges braquées sur les points stratégiques des relations sexuelles) me fait la remarque suivante : «Hormis cet Alain que vous évoquez plus haut — un beau salaud, qui n'hésite pas à rendre dans la bouche de sa copine ! —, vous ne parlez que des filles ! Et d'ailleurs en termes si peu flatteurs, qu'un avertissement vous sera adressé par la poste sous huitaine.» Mais je n'y peux rien, moi, si les Gala-blogs, c'est avant tout un phénomène de gonzesses (au milieu desquelles, allez savoir pourquoi, des rapeurs et des RNB se pavanent). C'est un fait social. Et je m'étonne qu'aucun saucissologue du Céhènéresse n'ait pas encore reçu mission de le sonder. En lisant la prose post-grammaticale de ces jeunes filles, il aurait découvert qu'elles rêvent de princes charmants, de vacances à La Baule, et d'un tas de pognon plus haut que la Tour Eiffel. Il aurait mis en lumière leur besoin vital de reconnaissance (par qui ? par quoi ?). Il aurait pointé l'interchangeabilité de leurs egos. Après quoi, il aurait remis sa copie aux pouvoirs publics, extrêmement satisfaits, car confortés dans l'idée que, vraiment, les français, c'est des velles.

12.11.2008

Inversion

Cette pédale de Cour de cassation a blanchi une tafiole de député UMP qui avait tenu des propos homophobes ! Vraiment, on vit dans un monde de tarlouzes…

Le Bouddhisme, c'est le vide

La conversion au bouddhisme intervient généralement autour de la trentaine, quand on arrête de fumer de l'herbe. Ca aide à supporter le manque de THC, la descente est moins difficile. Seulement, et ça les convertis l'ignorent, le bouddhisme rend beaucoup plus con que le double-zéro. Parce qu'au moins, quand on a fumé, on ne met plus les pieds au bureau. On bloque pour de bon sur son canapé devant le dernier clip d'un jean-foutre et tant pis pour ceux que ça fait chier. Tandis qu'en état de transe méditative, non seulement on va d'un pas léger au boulot, mais en plus on remercie, avec force mouvements de la tête, le patron qui vient de sucrer votre prime de fin d'année. On lui tapote même le dos en ayant une pensée émue pour son karma.

Le bouddhisme, ancêtre du Développement Personnel (parasite vorace dont les librairies ne parviennent pas à se débarrasser), prône un dogme d'une simplicité achevée : le bonheur, quoi qu'il arrive. Le bonheur par le yoga, la méditation, la respiration. Vous allez mourir d'un cancer généralisé ? Respirez un bon coup. Les huissiers vous filent le train ? Méditez. Vous habitez à Gaza ou en Somalie ? Essayez la position du Lotus. De quel auxiliaire de police plus dévoué pouvait rêver un gouvernement ou un conseil d'administration ?! Les grandes boîtes, genre Michelin, Renault, Airbus, devraient imposer le bouddhisme à leurs employés. Je m'étonne d'ailleurs qu'elles ne l'aient pas déjà fait. Enfin, tout ça pour dire que le Lalaï Dalmate, avec son drapeau espagnol sur les épaules et son sourire de Kaa sur la face, quand je le vois léviter à la télé comme une baudruche de fête foraine, il ne m'inspire qu'une chose : m'aller désaltérer au troquet, accoudé au vide du comptoir. C'est dur et ça tient…  

11.11.2008

La campagne anarcho-autonome

Soupçonnées d'avoir participé aux récentes opérations de sabotage perpétrées contre le réseau SNCF, cinq personnes ont été interpelées ce matin dans le village de Tarnac en Corrèze, où elles s'étaient établies il y a environ deux ans. Les unes logeaient dans une ferme, tandis que les autres tenaient l'épicerie du village. Toutes appartenaient à la mouvance «anarcho- autonome» et formaient une sorte de communauté, selon l'AFP.

Des bobos, des fabricants de produits écolos, des jeunes en quête de vie sauvage, des délinquants tricards en ville ou des marginaux politiques occupent à la campagne la place laissée vacante par les agriculteurs. Cette place, ils l'occupent réellement. Qu'ils glandent où travaillent, ces «nouveaux arrivants» habitent d'anciennes fermes, des granges retapées, ou des appartements mis en location par les municipalités au prix d'une poignée de fèves. Certains d'entre-eux prennent une part active à la vie locale, et sont reconnus comme membres à part entière de la communauté, les autres se font discrets — on comprend pourquoi. En quelques années, des coins paumés de France ont complètement changé de visage et de moeurs. Les sociologues ont échafaudé des tas de théories pour expliquer ce phénomène de repeuplement des campagnes qui dure depuis presque vingt ans. Pour ma part, je ne vois là rien de plus qu'une nouvelle illustration de l'aphorisme d'Aristote : la nature a horreur du vide. 

Il se trouve que j'ai été l'un de ces nouveaux arrivants. Parce que j'avais besoin d'air, j'ai pris mon baluchon, et j'ai loué une baraque dans le Cantal, où j'ai vécu huit années. Là-bas, dans ce département de l'archi-centre de la France, à mille mètres d'altitude l'hiver joue les prolongations. Certaines nuits, la température descendait sous les 7 degrés dans la maison, une bâtisse en pierres que des paysans habitaient déjà en 1910. N'ayant pas de voiture, il m'arrivait de parcourir vingt kilomètres à pied pour acheter un rosbeaf et une bouteille de jaja. Mais bon sang j'étais heureux comme un animal qui ne se connaît d'ennemis que la neige et le froid.

Cela faisait déjà deux ou trois ans que je vivais dans ce paradis perdu au milieu de nulle part, quand j'ai remarqué que les flics se multipliaient comme des charançons dans une charpente en bois. Chaque semaine ou presque, au prétexte de gauler le pécore aviné au volant de son Ami-6, ils contrôlaient tout ce qui roulait sur les départemantales, bientôt imités par les douaniers que les accords de Schengen venaient de jeter sur les routes. Je trouvais ça d'une stupidité sans nom et, pour tout dire, d'une connerie GOUVERNEMENTALE. J'ai même cru reconnaître, derrière ce flicage acharné, la main mesquine et gantée d'hygiènisme de Bruxelles. Mais plusieurs évènements m'ont permis d'entrevoir une réalité bien différente.

Tout d'abord les arrestations de membres de l'ETA. Le coin leur servait de base arrière, laquelle s'étendait jusqu'en Corrèze. C'est toujours le cas. Ensuite, et parce que je fréquentais les bringueurs locaux, j'ai pu me rendre compte que les dopes de nouvelles générations avaient pénétré le territoire très au-delà des zones urbaines où on les croit généralement cantonnées — les dopes et les traficants (au vert) qui les vendaient. C'est toujours, et de plus en plus, le cas. Il y a eu des faits divers sanglants qui rappelaient les agissements des chauffeurs de la Drôme au début du vingtième siècle. Des cambrioleurs à la petite semaine opéraient dans les baraques alentours et fourguaient leur butin (mobilier rustique, argenterie de famille, etc.) sur des sites comme Ebay. C'est toujours, et de plus en plus, le cas. Enfin comment pouvais-je ne pas remarquer l'épidémie de gauchisme qui frappait certaines familles et en frappe de plus en plus ?... Eh oui, en pleine cambrousse. Le bacille se transmet par voie écologique... 

Sans faire de bruit, tout un anti-monde s'est donné rendez-vous dans les campagnes pour y exercer ses talents. D'où la multiplication des flics. Et m'est avis qu'en matière de délinquance rurale et de fanatisme champêtre, on n'a encore rien vu…

La légende de François Hollande

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Amoenitates corso-belgicae

«La France sera digne de figurer dans le concert des grandes nations métisses quand un corso-belge accédera à la tête de ce pays.»

Charles Baudelaire

 


 

Le con court

Le prix Goncourt, prix qu'on bourre dans les cervelles chaque veille de 11 novembre histoire de faire croire qu'il existe aussi une gloire et des honneurs littéraires, a été décerné hier à Atiq Rahimi, tandis que le Renaudot, consolation de cette désolation, a été remis à Tierno Monénembo. En France, l'action affirmative, entendez la discrimination positive, s'exerce dans la serre éditoriale. Et pendant ce temps, sur son île lointaine, mon vieux pote Pierre se repasse Rambo 3 :

«Il porte un chapeau et arbore une moustache d'artagnanesque. Il est Afghan. Il écrit l'histoire d'une femme "qui a un corps et des désirs" et qui s'émancipe du joug des hommes et de la loi islamique. Il publie chez un éditeur "difficile". Donc il a le Goncourt. Son livre se vendra a plus de 300 000 exemplaires. Une femme l'eut écrit et c'était le million ! Marcel Aymé, Manchette, Proust et tant d'autres n'auraient aucune chance d'atteindre de tels tirages, voire de publier quoi que ce soit. Décrire le monde tel qu'il est et les gens tels qu'ils sont n'intéresse plus. On se fout de la gueule des scénars des films américains, stéréotypés, déclinant à l'infini tous les clichés du genre, dosant savamment la parité et le communautarisme, la cruauté et l'érotisme. La littérature en France n'est que ça. De l'eau de rose avec le liseret des éditeurs du sixième. Ça me faisait chier quand je vendais ces livres, mais c'est drôle, ça me révulse encore plus alors que je n'ai plus de contact avec cette "production". Je préfère encore regarder Rambo 3. C'est plus rigolo  

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