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28.04.2009

Moi, le porc émissaire

L'homme et le poulet, animaux d'élevage comme moi, m'ont refilé le virus de la grippe, dont je me suis bien sûr empressé de me débarrasser. A ma place, qu'auriez-vous fait ? Or, un homme qui passait au même moment, a trouvé malin de ramasser ce virus et de le transmettre à ses compagnons de stabulation, lesquels meurent aujourd'hui par dizaines. Et c'est moi qu'on accuse, moi qu'on vilipende ! Et bien sachez, messieurs les hommes, que le porc vous emmerde. Je vous savais lâches et ingrats, mais pas au point de traîner votre plus fidèle nourrisseur dans la boue de vos journaux (je ne fais pas cas présentement des juifs et des musulmans qui me snobent sans avoir jamais goûté ma chair!). J'exige des excuses. Et autrement plates que les minables tranches de jambon dont vous agrémentez vos assiettes désertiques depuis quelques années. 

27.04.2009

Cochons d'astéroïdes !

Neuf cents astéroïdes, chacun de la taille d'un pâté de maison, tournoient dans les parages de la terre. L'un d'eux, baptisé Apophis, pourrait clairement nous tomber sur le coin de la gueule en 2036. En prévision du pire, des experts ès chute de pierres se réunissent cette semaine en Espagne, pays où un premier cas de grippe porcine vient d'être détecté. Probablement un cochon tombé du ciel. 

26.04.2009

Jacques Prévert, précurseur du haldisme

Prévert était un con bien de son époque. Après la Grande Guerre, comme Céline ou Giono, il chanta la gloire d'une France pacifiste et anti-nationaliste, sans se soucier de savoir si en Allemagne, en Italie ou en Russie on baignait dans le même angélisme. Après la boucherie de 14, il est vrai qu'il y avait de quoi baisser les bras et se jeter dans ceux de l'ennemi en imaginant ses caresses plutôt que ses coups de dagues.

Mais Prévert, contrairement à Céline, Giono et d'autres, est aussi un con de notre temps. Quelques uns de ses poèmes concentrent tout le salmigondis post-moderne de l'antiracisme et de la faute de l'homme blanc. En cela, Prévert est un précurseur du haldisme. Et c'est tout le vrai génie de ce poète.

Je pense en particulier à la Chanson des Cireurs de Souliers. Le noir, gentil cireur, est opposé au blanc, vilain payeur. Je ne prétends pas que de telles situations n'existèrent pas, je constate simplement que ce poème (mou du vers, mais là n'est pas la question) universalise cette double figure au point d'en faire un lieu commun, un topos.

Depuis au moins 1950, des générations d'élèves de l'enseignement primaire ont ingurgité ce poème édifiant. Ce fut mon cas. Aujourd'hui c'est au tour de mon fils de huit ans d'avaler la couleuvre. Que les haldistes se réjouissent : il l'a trouve à son goût.

25.04.2009

Décollage

Si la terre est une mère, n'est-elle pas lassée de nous avoir encore dans ses jupons ? Il serait peut-être temps pour nous de prendre une chambre en ville. 

La tête à Burgaud !

Avant que l'affaire Outreau ne se dégonfle comme une baudruche, les journaux, l'opinion publique et la justice elle-même exigeaient du juge Burgaud qu'il fît son travail vite et bien. On voulait des têtes au bout des pics. Maintenant que le juge Burgaud est passé d'un plateau de la balance à l'autre, les mêmes journaux, la même opinion publique et une frange de la même justice s'offusquent de n'avoir pas obtenu la tête dudit juge, auquel ses pairs ont infligé une réprimande pour tout châtiment de ses erreurs. Un lamentable esprit de vindicte caractérise ces deux moments de l'affaire Outreau.

 

21.04.2009

Festival du rire à Durban-sur-Rhône

L'antiracisme a planté son chapiteau à Genève. Vive les clowns. Idéologiquement, l'antiracisme correspond à la phase terminale d'une longue maladie. C'est le moment où, pris de délire, l'agonisant tient des propos si confus qu'il amuse, bien malgré lui, le personnel médical. 

19.04.2009

Blasphème ?

Un croyant incapable de blasphème est un tiède entre les tièdes, une injure à son dieu. Nul paradis pour lui, nul enfer non plus, rien que les limbes, la brume éternelle. Au suivant. 

17.04.2009

La légende de l'homme blanc

La nature voit loin. Elle a le sens des équilibres. Où elle met le feu, elle amène l'eau. Où elle innonde, elle déploie une bande de terre pour aller à pied sec. Elle est prévoyante.

L'homme, beaucoup moins. C'est dans sa nature. Il programme, il projette, il prépare, mais ne voit pas le mur qui se dresse devant lui. Advienne que pourra, tel est son credo. Et parfois, ô miracle, ça passe. Le mur s'efface. L'homme poursuit alors son chemin de locomotive myope et orgueilleuse, empanachée de blanc. Jusqu'au prochain mur, qu'il se prend généralement de pleine face.

De tous les hommes, celui qui a projeté le plus est l'homme blanc. Enfin, l'occidental. Enfin, j'hésite à le définir, tant il a peur lui-même des qualificatifs pouvant le dépeindre. Même le mot homme à présent l'effraie. Il y voit une tache de machisme sur sa chemise qu'il voudrait impeccable.

Cet homme blanc, donc, depuis cinq siècles, a projeté toutes sortes de choses. La soupe en sachet, la démocratie, la machine à laver, les voyages sur la lune. Et, comble de l'ironie, dans presque tous les cas il est parvenu à ses fins. Souvent aidé par le hasard, mais quand même…

Or, d'avoir franchi tant d'obstacles, et en si peu de temps, d'avoir vu devant lui les murs s'effacer, comme s'ils s'inclinaient sur son passage, il a fini par trouver ça suspect. Jetant un regard obsidional sur son parcours, il a conclu : cette réussite n'est pas normale. Un démon se cache là-dessous.

Depuis, l'homme blanc n'a de cesse de s'amender et de s'auto-exorciser. Lui, qui, hier encore, abattait les murs d'une pichenette, maintenant les rase, une clochette de lépreux à la main, pour avertir les autres peuplades de sa présence démoniaque. Il s'est proclamé nuisible. C'est désormais sa grandeur — qui consiste à se faire tout petit.

De tous les murs qu'il a eus à franchir, l'homme blanc n'imaginait pas qu'il serait lui-même le plus insurmontable.

16.04.2009

Badiou Tse-Toung

De qui Badiou est-il le con ? D'à peu près tout le monde, et principalement de ceux qui, comme moi, ne l'ont pas lu. Mais — je l'ai entendu un soir à la radio ! Ou un matin. Il tenait à peu près ce langage : le vilain pouvoir capitaliste mange les gentils opprimés comme l'ogre les enfants, et ce vilain pouvoir, il faudra bien un jour le remplacer, comme autrefois Saint-Just et Robespierre ont remplacé le Roi par pis que lui. Mais pour prendre la place de ce vilain pouvoir, les banlieues, les intellectuels, les étudiants, les lycéens et les ouvriers devront d'abord «s'entendre», et ensuite «s'organiser» ; or, pour cela ils auront à faire preuve d'une grande «discipline». Car c'est leur discipline qui mettra ce vilain pouvoir K.O. (comme Burma le mystère).

Le chapitre vingt-six des Citations du Président Mao Tse-Toung, livre plus communément appelé Le Petit Livre Rouge, est entièrement consacré à la discipline. Page 281, le Grand Timonier écrivait ceci : «Il faut réaffirmer la discipline du Parti, à savoir : 1) soumission de l'individu à l'organisation ; 2) soumission de la minorité à la majorité ; 3) soumission de l'échelon inférieur à l'échelon supérieur ; 4) soumission de l'ensemble du Parti au Comité Central.» Etant donné que le Comité Central était lui-même soumis à Mao, tout le monde, du plus petit paysan au plus haut dignitaire, était à la botte de ce dingue. Lequel concluait ce vingt-sixième chapitre par cet avertissement : «(…) aucune infraction à la discipline ne sera tolérée.»

Faut-il noyer Badiou dans les eaux boueuses du Yang Tse dès à présent, ou attendre que le cancer de la connerie qui le guette l'emporte loin de nous ?

 

 

 

15.04.2009

Des écrans plats comme nos vies

En France — ailleurs je ne sais pas et je m'en bats l'oeil —, les journaux télévisés des chaînes publiques et privées débordent de faits divers — comme une poubelle d'ordures. Enrobés d'effusions sentimentales très répugnantes, mais toujours relatés avec force détails, ils nous informent essentiellement de deux choses : le niveau de bassesse des rédactions et des individus qui les composent, et la complaisance de ceux qu'on appelle électroménagèrement les téléspectateurs. On peut dire que les uns et les autres font la paire.

Hier soir, le JT de France-Bœufs a larmoyé pas loin de dix minutes sur le cas d'une gamine enlevée par sa mère et retrouvée par son père ! Ce sitcom familiale durait depuis trois semaines. Trois semaines durant lesquelles personne ne s'est arraché de son fauteuil pour crier : «C'est assez !»

Ne serait-il pas temps pour les téléspectateurs de jeter par la fenêtre leurs écrans de télévision désormais aussi plats que leur vie ? En se fichant bien  des écolos qui trouveraient la mesure trop radicale, car polluante !

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