30.09.2009
Il était une fois Polanski
Allez, quelques remarques sur l'affaire Polanski. Juste en passant. Les puissants — politiciens, artistes et stars du showbiz — ont exigé la libération immédiate et sans condition du cinéaste : au nom de son talent, a déclaré Kouchner, parce que c'est le signe d'un retour du maccarthysme, a hurlé Tavernier. A contrario, et très majoritairement, les internautes lambdas, petit peuple du web, ont réclamé son extradiction, souvent véhémentement, car, ont-ils dit, la justice doit être la même pour tous. Pas de privilèges pour le polak ! Une exigence de justice d'autant plus impérieuse que Polanski s'est au moins rendu coupable d'un détournement de mineur.
On a donc en apparence un affrontement entre deux formes de justice : l'une plutôt libérale, un brin laxiste, l'autre plutôt légaliste, un rien père-la-morale. Mais ce n'est qu'une apparence, un décor. En réalité tout ça n'est qu'un prétexte pour jouer un nouvel épisode de la lutte des classes. Polanski compte pour du beurre dans cette empoignade. D'ailleurs on oubliera bien vite ce pourquoi on se chamaille et le nom même de Polanski disparaîtra sous la pluie d'horions. Déjà, venant de la cuisine des puissants, les premiers fumets d'idéologie nous caressent les narines. En proférant le mot maccarthysme, Tavernier a mis en branle la machine à slogans. Et du côté des internautes, c'est-à-dire de ceux qui expriment le sentiment populaire, on remarque, en lisant leurs commentaires, que l'important n'est déjà plus que Polanski soit extradé, mais bien que les puissants en rabattent. Un énorme FERMEZ-VOTRE-GUEULE-! court dans les tuyaux du web. Les politiciens, dont le job consiste à brosser quotidiennement le populo dans le sens du poil, genre Marie-Georges Buffet, ont du reste parfaitement compris ce phénomène. Même si au fond d'eux ils aimeraient bien qu'on lâche un peu la grappe au saltimbanque, ils ont choisi de l'enfoncer — au nom de la justice (vous êtes priés de ne pas pouffer sottement quand j'écris le mot justice, merci) !
Observons simplement ceci : encore très récemment, beaucoup, mais alors beaucoup de monde applaudissait des quatre mains et des six pieds Le Pianiste, un succès commercial énorme. Qu'est-ce qu'on a pu pleurer devant ce film, et qu'est-ce qu'on a pu louanger son réalisateur, sans qu'à aucun moment on se dise : «Beurk, c'est le film d'un pédophile…» ! Je ne parle pas des puissants, bien entendu, mais des internautes lambdas qui remplissent les salles de cinéma. N'étaient-ils donc pas au courant des faits reprochés à Polanski, depuis trente qu'on en parle, plus ou moins régulièrement, tous ces moutons bêlant (ca y est, je l'ai dit) ?
Bien, je laisse de côté les motifs de fâcherie et je conseille à l'assemblée la lecture d'un livre* racontant la vie très horrifique de Raymond Roman Liebling, dit Polanski, écrite par lui-même. C'est un vrai et très bon scénario. Il ne s'y donne pas toujours le beau rôle. Un scénario qui aurait emballé Sergio Leone. Le film qu'il en aurait tiré se serait intitulé : Il était une fois un homme.
*Polanski, Roman - éd. Livre de poche
08:01 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : internautes, kouchner, tavernier, extradition, maccarthysme, sergio leone, marie-georges buffet
28.09.2009
Sylvio plaît, merci
Il ne doit pas être tous les jours agréable d'être italien. En tout cas depuis quelques années. Notez que la remarque vaut pour tous les peuples du monde, qui assistent, impuissants, aux gaffes de leurs dirigeants.
Dans le cas de Sylvio Berlusconi, l'effroyablement jovial Président du Conseil italien, le mot gaffe est sans doute un peu faible. Sottise me semble plus approprié. Sottises qu'il commet à répétition, par maladresse, inattention et surtout en raison d'un sévère manque d'éducation, et sottise constitutive de sa personne, dont on peut dire qu'elle semble n'avoir pas de limite. Les sots osent tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît.
Et Sylvio Berlusconi a osé, en public et pour la deuxième fois, se moquer gentiment (?) du «bronzage» de Barack Obama, ainsi que de celui de son épouse. Bien entendu, nous nous sentons extrêmement gênés pour les italiens, qui mériteraient bien mieux que lui, si toutefois ils consentaient à montrer un peu moins d'indifférence à l'égard de la politique (là, je me rends compte que je parle comme Ahmadinejad et Sarkozy).
Si Berlusconi donne de son pays une image désastreuse, il a en revanche pour nous autres français un avantage inestimable, celui de nous rendre notre Président de la République presque courtois, aimable et bien élevé, quand toutefois ces deux hommes se trouvent l'un à côté de l'autre, au sommet du G20 par exemple.
Alors vous me direz : «Oui, mais nous avons Brice Hortefeux !» A quoi je répondrai : «On s'en fout, tant qu'il est à l'Intérieur, il ne nous nuit pas à l'extérieur…»
15:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : berlusconi, obama, hortefeux, sarkozy, italiens
27.09.2009
Haine, j'écris ton nom
Promenade à vélo ce matin avec mon fils aîné dans un quartier que nous aimons beaucoup. C'est un dédale de ruelles et de ruisseaux bordés de vieilles demeures et de maisons plus récentes. Les unes sont humbles et petites, les autres cossues et plantées au milieu de parcs très arborés. Et partout il règne comme un savant désordre végétal, des massifs de buis qui n'ont pas été peignés depuis longtemps, des roseaux trempant leurs pieds dans les eaux vives, des troënes, des sorbiers, des sureaux, et courant le long des murs, de la vigne et des glycines. Nous avons roulé au hasard pendant plus d'une heure, passant et repassant, dans un sens ou dans l'autre, devant telle maison ou tel portail en gros fer forgé. Avec le soleil qui brillait sans nous cuire, ce fut un moment délicieux.
Pourtant, cette douceur provinciale et ce calme ennui du dimanche matin ont eu aujourd'hui un goût amer. Pour la première fois, j'ai remarqué le détail qui cloche. Et en fait de détail, il s'agit plutôt d'un gros tarbouif grumeleux et violacé au milieu d'un beau visage : les tags. Pas un mur qui ne soit couvert de «sale pute», écrit le plus souvent avec deux «l»; de «suce mes couilles», avec un «s» à «suceS», et accompagné du dessin d'une bite maousse. Beaucoup de «nique la France» et de «j'encul les céfran» (sic). Des tags ad nauseam, peints à la bombe, blancs, rouges, noirs, verts. Les métastases graphiques d'un cancer social incurable. Et qu'on ne vienne pas me faire chier ici avec le malaise des banlieues, le chômage, les familles défavorisées et l'intégration à la française qui ne marche plus. Il existe, jusque dans les coins les plus reculés du pays, des bandes de parfaits imbéciles — pas si jeunes que ça, contrairement à ce que pensent les adeptes du tout-excusable —, dont la vie est un chemin de destruction, jalonné de rires gras, de minables petits trafics et de rixes. Ces bandes de parfaits imbéciles, dont les rangs grossissent de jour en jour, écrivent en toute lettre leur haine des femmes et du beau, des autres et de la vie. Haine/J'écris ton nom/Sur les murs de mon quartier/Sur ta bagnole et sur tes arbres/Sur le bitume et dans la boue/J'écris ton nom. Nous devons les croire. Ils ne rigolent pas.
Hier soir, nous étions invités à souper chez un ami. Réunis autour de la table (et de pas mal de bouteilles), une avocate, un chef d'entreprise, un flic, une animatrice en centre de loisirs, un journaleux. Qui tous mettent les mains chaque jour dans le cambouis de la société. Et que voient-ils ? Qu'il y a de plus en plus de cambouis, lequel est en train de poisser les âmes et de les noircir. Ainsi, des trafiquants âgés de vingt ans, roulant en Porsche Cayenne ou en BM, bénéficient de l'aide juridictionnelle. Les flics sont instamment priés par leur hiérarchie de fermer les yeux et les oreilles sur ce qu'ils voient et entendent, sous peine de mutation; faut pas réveiller le loup qui dort, qu'il soit un gros ou un petit poisson, si j'ose dire. La paix sociale s'achète à ce prix-là. Les PME et leurs employés financent le train de vie somptuaire de quelques puissants… mous de la queue, si j'ose encore dire. Des enfants de dix ans savent à peine orthographier leur nom et parlent une langue presque indéchiffrable. Dans les rédactions la bien-pensance a fait le nid de la lâcheté et du mensonge, qui plus est mal écrit. Hormis tout cela, et si l'on veut bien faire abstraction un moment de la crise économique et morale, la France est un pays où les Lumières n'ont jamais tant brillé. Voyez comment à l'UMP et au PS, par exemple, ils savent se tenir correctement, comme des gens très dignes, très civilisés. A table.
Dieu merci nous n'avons pas parlé de ça toute la soirée. Un coup à gâter le vin et à laisser le whisky se réchauffer au-delà du raisonnable !
Ce matin, en flânant sur internet, j'ai trouvé un autre motif de déprime et de colère. Je m'en serais bien passé, mais sans doute que je l'ai mérité. Et avec la gueule de bois que je me coltinais, inutile de préciser que ça a fumé. C'est une interview de Michel Rocard, qui m'a foutu en pétard. Vous savez, ce type dont on dit toujours qu'il serait remarquablement intelligent s'il n'était pas si bête. Je le cite : «(…) il faut faire l’analyse des difficultés qu’a eues la France à reconnaître le régime de Vichy. De Gaulle a eu l’air de dire que Vichy, c’était des martiens, qu’ils n’étaient pas Français mais venaient d’ailleurs. Et toute la France s’est abritée derrière ce déni. Longtemps cela nous a arrangé. Il a fallu attendre jusqu’au président Chirac – même Mitterrand n’avait pas osé – pour pouvoir se réconcilier avec une vérité historique.» Voilà exactement le genre de légende que je ne supporte plus de lire. Mais c'est lui, le martien ! De quelle contrée fumeuse débarque cet engourdi du bulbe ? Jusqu'à Chirac, c'est à dire jusque dans les années 90, les français auraient vécu dans le déni de Vichy ! Et pourquoi pas dans les carrottes ?! D'abord, ce bonhomme a complètement oublié le foin qui a suivi la publication du bouquin de Paxton en 74 et la sortie de Lacombe Lucien (même année), le film de Louis Malle. Mais passons. Ensuite, les français, à votre avis, de quoi parlaient-ils à table dans les années soixante ? Le grand-père avait fait 14-18, et parfois 39-40, et le père, l'Indochine ou l'Algérie. Alors, de quoi parlaient-ils, ces français ? De la guerre ! De toutes les guerres du XXème siècle. Et ils en connaissaient un rayon. Guerres auxquelles ils avaient pris part et qu'ils avaient subies, et qu'ils savaient devoir à l'impéritie de leurs dirigeants. Et Vichy qu'ils avaient également subi, ils en connaissaient aussi un rayon, et un sacré. Pétain, Laval, la Milice, la Légion n'avaient pas de secrets pour eux. Or donc ces hommes, mais aussi les femmes, qui avaient eu toute cette merde sous les yeux pendant quatre ans, auraient inventé un autre Vichy, un Vichy d'opérette, pour simplement coller à l'image peu flatteuse que leurs dirigeants ont d'eux ? Ils se seraient mentis et auraient menti à leurs enfants ? Comme ça ? N'est-ce pas les injurier que d'affirmer ça ? Pauvre Rocard, et pauvres politiques, et piètres historiens, qui croient à cette légende. Qui vit dans le déni, sinon ceux qui passent leur temps à le traquer dans l'œil du peuple ?
Allez en paix.
19:16 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : intégration, tags, porsche cayenne, trafics, pétain, laval, vichy, paxton, louis malle, rocard
22.09.2009
Hortefeux et Giscard, agents publicitaires de Clermont-Ferrand
Nous bénéficions à Clermont-Ferrand d'équipements dernier cri : un Brice Hortefeux, appelé ici le Grand Cervelas, pour son teint rosâtre et sa forme oblongue, mais peut-être pas seulement. Sa fonction première se résume à provoquer chaque vendredi boulevard Lafayette un accident de la circulation, quand il descend de sa limousine pour entrer dans sa permanence de député européen. Les automobilistes, sans doute frappés par sa ressemblance avec Vercingétorix, en oublient de freiner. Quant à sa deuxième fonction, elle consiste à prendre les enfants d'Allah pour des moutons sauvages, ce dont les clermontois se passeraient volontiers, vu que la première Croisade fut prêchée en leurs murs. Ca ne date certes pas d'hier, mais il est des susceptibilités qu'il vaut mieux ne pas déterrer.
Un Giscard : des airs de ruines antiques, mais encore grimpant comme un lierre, même à l'heure crépusculaire des souvenirs ! Sa fonction se résume désormais à mettre le bazar dans la famille royale d'Angleterre, qui ne s'attendait pas à tant de sollicitude de sa part. Ainsi rapporte-t-il dans un docu-fiction écrit de sa longue main de pianiste à bretelles, qu'il aurait culbuté une Lady dans les jardins de Windsor, ou quelque chose d'approchant, laquelle Lady, spécialiste des mines antipersonnelles, aurait passé le gazon à la poêle à frire avant de s'allonger sous le clermontois. Il est vrai qu'il est plus agréable de se faire sauter que de sauter.
Dire, après tout cela, que Clermont-Ferrand, en fait de centre du pays ne serait que son trou du cul, me semble pour le moins cavalier. Brice et Valéry, tels deux phares plantés au sommet du Puy-de-Dôme, font rayonner l'esprit de la ville bien au-delà de la ceinture d'astéroïdes. Le temps n'est pas loin où un géographe repérera son nom sur une carte Michelin.
11:34 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : michelin, lady, boulevard lafayette, croisade, allah, mines antipersonnelles, vercingétorix
04.09.2009
Ensemble changeons le climat
Admettons que le climat change. Admettons même qu'il change par notre faute. Bon, et alors, où est le problème ?
Ne vivons-nous pas dans un monde qui a pour religion le changement ? Tout doit toujours changer : nos comportements, nos bagnoles, nos enfants, la politique agricole, le taux de TVA, la destination de nos vacances. L'heure change deux fois par an, le prix du loyer une fois. Je manque parfois mon train parce que les horaires ont changé la veille, sans raison apparente. En tout cas pour moi. Le Président a changé de femme. Moi-même, depuis quarante-cinq ans, j'ai beaucoup changé. Preuve que je me conforme à la doxa. Même les plus irréductibles conservateurs changent.
Tout doit donc changer toujours. Tout, sauf le climat. Mais qu'a-t-il de si particulier, cet animal, qu'il doive rester figé à jamais dans ses températures et ses cycles saisonniers ? Pourquoi lui refuser ce que l'on exige de tout le reste ?
La réponse avancée par les écologistes pour justifier ce refus se veut imparable, car partant d'un bon sentiment, un sentiment altruiste, positif, solaire : si le climat change, la glace fondra, les eaux monteront, des millions de réfugiés climatiques camperont sur l'esplanade des Invalides* et les générations futures n'auront pas d'avenir.
D'abord, qu'est-ce que ça peut leur foutre, à ces écologistes, que les générations à venir n'aient pas de futur ? La moitié d'entre eux aiment les hommes comme les coups de bâtons. En fait ils n'en pincent que pour le panda à poil court et les phanérophytes. N'est-il d'ailleurs pas remarquable qu'au pire moment de la crise ils surenchérissent sur la taxe Al Capone ? C'est à ce genre de détail que se mesure leur empathie pour les hommes. Quant à l'autre moitié de ces écologistes, elle a su facilement se persuader que militer jour et nuit sur Internet n'avait aucune incidence sur l'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Ensuite qu'est-ce qui leur prouve que le climat change vraiment ? 99,8% d'entre eux n'ont aucune formation scientifique solide, seul moyen de vérifier la validité des hypothèses; ils sont par conséquent condamnés à croire ce qu'on leur raconte, exactement comme le commun des mortels, dont je m'empresse de préciser que je fais partie. Autant dire que même recevables, les arguments dont on les abreuve sont toujours d'autorité. L'écolo ne s'abstient ni ne doute jamais.
De tout quoi, il ressort que le conservatisme climatique affiché par les écologistes est une hérésie opposée à la religion du changement. Le climat doit changer, c'est l'un des enjeux majeurs des années à venir.
Vive le vent.
*Quechua ne pourra jamais fournir assez de tentes et Augustin Legrand piquera encore une crise de nerfs à la télé.
15:28 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : augustin legrand, écologistes, panda, taxe carbone, al capone
03.09.2009
Le coeur y est
Plus de bisous, de poignées de mains viriles ou de baisemains. Tout contact physique est désormais proscrit, because la grippe A rôde et menace. Ben oui…
Les premiers à se réjouir de cette situation sont évidemment les marchands de rien, comme cette agence de pub qui vient de commercialiser un badge (six euros les trois), badge dont le slogan renferme à lui seul toutes les odeurs de chiottes de notre petit monde vomitif : «LE CŒUR Y EST» ! Décryptage : je ne te fais pas la bise, grosse morue grippée, mais le cœur y est. Ou : je ne te sers pas la louche, engrippé de mes deux, mais le cœur y est. Tu vois, c'est écrit là, sur ma poitrine. Allez, à la revoyure.
Ca, c'est le résultat du principe de précaution. Qu'on pourrait appeler aussi l'effet capote (ne comptez pas sur moi pour développer la sombre idée qui me trotte dans la tête, je n'ai nulle envie de me faire papiser comme l'autre Benoît qu'on priera bientôt de ne plus quitter son état de trois mètres carrés de superficie).
Nous voilà donc d'un coup d'un seul, nous autres chaleureux méditerranéens, projetés dans l'univers polaire et amidonné des anglo-saxons, ces lavettes qui n'embrassent pas les femmes en public (le font-ils en privé ?…) et vous tendent une main ferme comme une nouille trop cuite. Beurk. Remarquez que le problème ne se pose plus vraiment en ces termes, puisque de toute façon nous n'aurons plus à souffrir ces immondes serrages de pinces outre-manchiens.
Au plan diplomatique, ce noli me tangere prophylactique entraînera immanquablement de sévères quiproquos. On le sait, poignées de mains, accolades et baisemains, suivant qu'ils sont appuyés ou esquissés, ont la capacité de nouer ou dénouer les liens internationaux. Avec le badge «LE CŒUR Y EST», finies les nuances. Le cœur y sera pour tout le monde, y compris le répugnant dictateur. Mais au fond, c'est peut-être ça, un monde d'amour.
16:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe a, anglo-saxons, diplomatique, dictateur, marchands
01.09.2009
Le Parti Socialiste est mort et nous sommes vivants
Depuis plusieurs années, le PS concentre tout ce qu'il y a de plus mou, de plus flasque, en un mot de plus rose en politique. Ce n'est d'ailleurs pas tant une affaire d'idées que d'individus. Je me suis toujours demandé comment un type de la trempe de Mitterrand a pu supporter des Aubry, des Royal, des Moscovici ou des Fabius à sa table. Peut-être ne les remarquait-il pas, tout simplement.
Prenons le cas de Martine Aubry. Lorsqu'elle paraît à la tribune dans sa juppe en grosse laine, on hésite à lui demander si elle vend des poireaux ou des melons. Notez que je n'ai rien contre les maraîchers, dont je remarque au passage qu'ils sont dans une panade autrement réelle que celle du PS. Mais enfin, pour une femme qui cultive le goût du pouvoir, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas la main très verte. Oh, je ne doute pas un instant de son intelligence, je m'étonne seulement qu'elle en use avec autant de parcimonie.
Malheureusement pour le PS, il ne suffit pas de tirer sur Martine Aubry à boulet rose pour le ramener à la vie. Mort en 1996 avec son fondateur, il est au mieux un souvenir qui s'estompe dans les mémoires.
Cette plate évidence, ce quasi truisme n'empêche cependant pas les journalistes de porter au cadavre de ce parti une attention aigüe. Comme si le mort, tel Lazare, pouvait sortir de son tombeau à tout moment et répondre à leurs questions.
De deux choses l'une : ou bien ces journalistes sont mirauds (l'amour rend aveugle), ou bien eux-mêmes sont morts, et alors nous sommes plongés en plein roman dickien.
Une rumeur laisse entendre qu'au moins 70% des journalistes voteraient à gauche. Je confirme. Il suffit de traîner dans une salle de rédaction la veille d'un scrutin pour s'en rendre compte. Et n'allez pas croire qu'au Figaro les journalistes votent à droite comme un seul homme, à savoir leur patron. Le Figaro est un quotidien conservateur certes, lu par des vieilles rombières et des jeunes cadres dynamiques d'accord, mais écrit en grande partie par des blancs-becs progressistes que la honte n'étouffe pas totalement.
Où voulais-je en venir ? Ah, oui : la sensibilité politique des journalistes, évidemment, les portent à croire, même s'ils ne se font plus guère d'illusions, que le PS, un jour, renaîtra de ces cendres ou qu'un messie lui rendra son lustre d'antan. Cette explication peut vous paraître sommaire, je vous l'accorde, voire un peu frustre, mais je n'en vois pas d'autres. Du reste, demandez-leur s'ils s'inquiètent autant de la santé du Front National ou du PC, également morts au champ d'honneur (parfaitement, les morts ont une santé, comme tout le monde!). Vous constaterez sans grande surprise qu'ils s'en tamponnent le bélinographe.
Si je vais au bout de mon raisonnement (un gros mot !), la conclusion s'impose d'elle-même : depuis 1996, le PS, c'est les journalistes. Le PS doit uniquement à la nostalgie et à l'espoir des journalistes de flotter encore à la surface des mémoires. Et c'est la raison pour laquelle je propose que la Carte de Presse fusionne avec la carte d'adhérent au Parti Socialiste. Ainsi, les choses gagneraient-elles en clarté, en rationalité et en efficacité.
Vive le People!
17:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aubry, fabius, moscovici, ps, mitterrand, royal, journalistes










