09.10.2009
Le testament de Jean-Marie Le Pen
Comme à la Samaritaine, on trouve de tout au Front National : du catho lefebvriste qui ne comprend les mystères de la Trinité qu'en latin, de l'intello communiste reversé dans le combat solidariste, du punk habillé en canette de bière marquée d'une svastika, du royaliste maurassien qui vit des rentes de ses actions françaises, du païen tendance gréco-anale ayant un fort penchant pour la blondeur viking, et puis du légitimiste illégitime, du néo-pétainiste en garçonnière, sans oublier de la brebis égarée, du loup affamé, du lion assoupi, et des chefs, pleins de chefs, chapeautés par un hyper chef, Jean-Marie Le Pen, qui est tout ça en même temps, mais qui pourrait être tout autre chose, s'il était assuré de rester le CHEF, même mort. Le Front National est une auberge espagnole tapageuse remplie de paroissiens hétéroclites.
Or, quand surviendra la disparition de l'hyper chef, toutes ces composantes du Front National ont de fortes chances de se désolidariser les unes des autres comme les atomes d'un corps après la mort de celui-ci.
C'est la raison pour laquelle, et afin d'éviter cet éparpillement, Jean-Marie Le Pen a récemment publié son testament sous forme d'interview dans les colonnes du magazine Flash, phosphorescente émanation éditoriale sortie de la cervelle survoltée d'Alain Soral.
Dans ce testament, il dit en gros trois choses. L'Islam est compatible avec la France laïque et républicaine. L'état d'Israël est pire que l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid. Ben Laden n'est pas l'organisateur des attentats du 11 septembre.
Cette trilatérale spirituelle réaffirme un principe politique qui a fait ses preuves : plutôt que de nous désunir, unissons-nous à l'autre ennemi de notre ennemi; l'autre ennemi étant l'islam et l'ennemi, le cosmopolitisme américano-sioniste. Ou sionisto-américaniste, je m'y perds.
L'ennemi commun, y'a rien de tel pour jeter des ponts entre les peuples. Et accessoirement sauver ce qui peut l'être d'un parti en déroute.
15:11 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : front national, islam, alain soral, israël, ben laden, apartheid, samaritaine











Commentaires
Vous résumez pas mal le FN à un ou deux détails près :
- Le Pen s'en fout sans doute complètement de savoir ce que son parti deviendra après lui, même si ça le chagrinerait de voir la décapilotade se produire sous ses yeux.
- Le coup du "repoussoir", ce sont les partis libéraux majoritaires qui l'ont joué autant que le FN. Ce parti a été très utile au PS et à l'UMP, travées de la même nef bâties sur la "grande peur des bien-pensants", du loup-garou Le Pen.
- Sur l'islam on peut même aller plus loin que Le Pen. La France a connu un judéo-christianisme similaire à l'islam au XVIIe siècle, le jansénisme gallican, dont les représentants les plus fameux sont Pascal, Nicolle, Arnault, voire Bossuet. Cette religion d'Etat partage avec cet islam, disons "turc", de grands principes : théocratie, culte de la personnalité du chef de l'Etat, puritanisme, prédestination, iconoclasme plus ou moins déclaré, importance des mathématiques, nationalisme, etc. (la petite secte de saint Nicolas du Chardonnet a même perpétué jusqu'à nous, non sans altérations bien sûr, ce jansénisme, même si on est assez crétin dans ces milieux pour souhaiter que Sarkozy ne se contente pas de dîner au Fouquet's, mais s'habille en plus comme Louis XIV). Or, c'est là où je veux en venir, par-delà Le Pen, la République laïque française emprunte beaucoup pour ses grands principes au XVIIe siècle janséniste. Le quasi-culte de l'Etat qui s'est imposé en France, par exemple, ne doit absolument rien aux philosophes des Lumières. Les droits de l'homme égoïstes et hypocrites (dixit Marx) ne constituent pas une évolution du droit conforme à celle que souhaitait Rousseau. Voltaire quant à lui voue un mépris à peu près égal au judaïsme, à l'islam et au christianisme janséniste qu'il considère comme des religions complètement archaïques...
Bref, ce qui distingue les vieilles idées théocratiques mahométanes de la jeune théocratie nord-américaine, ce sont surtout les mutations économiques et l'enrichissement que cette dernière a connue. Bush n'a pas eu beaucoup d'efforts à faire pour convaincre ses compatriotes de la nécessité du jihad contre l'Irak (jihad de lâches à cent contre un, armés jusqu'aux dents).
Écrit par : Lapinos | 31.10.2009
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