30.12.2009
Ne vois-tu rien venir ?
Comment faire entrer du fric sans avoir l'air de rien, se demandent sans cesse les techniciens chargés de la maintenance de l'Etat, cette gigantesque machine, ou plutôt cet énorme fauve hadipeux, désormais plus proche de la limace cauchemardesque que du guépard agile et véloce.
La taxe Capone avait tout de la bonne idée : taxe instituée au nom d'une grande idée, justement. Sauver les cailloux, le verre d'eau, le ver de terre, pensez-donc ! Et puis vlan, trop de pauvres ponctionnés à rembourser. Pour un peu elle coûterait plus cher qu'elle ne rapporterait. Copie à revoir (comme disent les journalistes dont la nostalgie scolaire transparaît à chaque ligne).
A propos d'Etat, s'il en était une qui ne l'aimait pas du tout, c'était bien la Margaret — Margaret Thatcher — qu'on ne risquait pas d'appeler Ma Braguette !
Ah, je me souviens du cri de joie quasi unanime lorsqu'elle franchit pour la première fois la porte du fameux 10 Downing Street : une femme au pouvoir… enfin !
Et le cri de douleur et d'indignation qui suivit presque aussitôt : ah, la s… pe !
La Dame de Fer…
L'AFP (Agence des Friandises de Presse) rapporte ce matin qu'elle aimait bien le whisky. Ce qui l'humanise un peu. Mais qu'elle était pingre. Et impatiente. Et qu'elle n'aimait pas les "filles karatékas".
L'AFP a vraiment du temps à perdre, et à nous faire perdre.
L'année se termine et la Fin du Monde n'est toujours pas là. Pas de cataclysmes emmerichiens (il est vrai programmés pour 2012), pas de montée des eaux hulotienne. Je perds patience. Comme Margaret. Mais dès le matin du 1er janvier 2010, l'espoir renaîtra. Et je guetterai à nouveau, chaque jour, derrière ma fenêtre, la grande vague censée nous emporter tous. Pas le genre tsunami asiatique, mais la super Lame. La Révélation, quoi. Et je paierai la taxe Capone — quand elle sera au point. La taxe au moyen de laquelle l'Etat achètera tout plein de chaloupes, sur lesquelles nous jouerons à Noé. Ça nous promet une belle balade, et une belle année.
07:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : thatcher, taxe carbone, tsunami, afp, capone, whisky
23.12.2009
Pas de clémence pour Pascal
Nora Berra est une femme. Nora Berra est plutôt gironde. Nora Berra a 46 ans. Nora Berra est issue d'une famille de onze enfants. Nora Berra est la fille d'un tirailleur algérien. Nora Berra est ministre dans un gouvernement de droite mais on l'excuse. Nora Berra a claqué la porte d'une réunion de parlementaires parce que Pascal Clément, ancien Garde des Sceaux, petit, gros, pas baisant, tout mielleux, vieux, UMP (sans excuses!), a eu un mot malheureux à propos des minarets. Cet homme que tout accable me semble bien parti pour en prendre plein la tête.
17:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nora berra, pascal clément, ump, minarets
20.12.2009
Du déplacement des pierres par grand froid
Il neige, c'est la fête à la grenouille congelée. Il neige, c'est la faute au réchauffement. On ne peut pas nier qu'on nous avait prévenus : le réchauffement entraînera un refroidissement. C'est fait. Il est vrai que de la neige en décembre a de quoi inquiéter. Manquerait plus qu'il fasse chaud en juillet.
C'est là que l'échec de Copenhague prend tout son sens. Imaginez que les pays se fussent tous convertis au vert et qu'ils aient décidé de ne plus rejeter de CO2 dans l'air… Qu'ils l'aient signé leur foutu accord ! Eh bien aujourd'hui, il ferait un petit 8 degrés, il ne neigerait pas, et je serais en ce moment même au bord d'un étang en train de pêcher la truite avec mes enfants.
Quand je pense à tout ce poiscaille qui ne tombera pas dans mon assiette à cause de l'égoïsme des hommes ! Ça me donne envie de mettre une bombe, tiens. Une bombe de chantilly. Sous les jupes de la Reine. N'importe laquelle, c'est pas ce qui manque en Europe. Et d'appuyer sur le bouton. Pour voir un peu la gigue qu'elle danserait, la drôlesse. Je découvre à l'instant que j'ai le terrorisme farceur et pâtissier… Un peu comme l'entarteur. A cette différence près, que lui se prend tellement au sérieux qu'il passe aux actes.
Avez-vous remarqué combien l'action est devenu un culte ? Il faut agir. Agissons. Agitons-nous. Agite-moi tout ça, Nom de Dieu ! Un culte avec ses archiprêtres, archidiacres, archevêques. A gauche, à droite, tout le monde agit. On dirait qu'ils font du vélo. S'ils ne roulent pas ils tombent. S'ils n'agissent pas ils meurent. 10484 annonces parues au Journal Officiel correspondent à des associations qui se placent sous le "patronnage" du mot agir, comme le SECOURS CATHOLIQUE, ou dont l'intitulé se présente sous la forme de l'acronyme agir, ou encore contient le mot agir, comme dans OXFAM FRANCE AGIR ICI ou TAB'AGIR. Le nombre de slogans publicitaires ou politiques contenant le mot agir est quant à lui très probablement indéterminable, et c'est tant mieux. Probablement inchiffrable aussi le nombre de fois où le Maître Vain emploie ce mot : agir, j'agis, agissons ensemble… Oui, mais en vain, jusqu'à preuve du contraire.
On connaît le principe. Un type sort une pierre de l'eau et la place sur une étagère après l'avoir séchée et étiquetée. Applaudissements. Un autre type arrive, un homme nouveau. Il prend cette pierre sur l'étagère, parcourt mille kilomètres en pirogue, et la remet à sa place. Applaudissements. Généralement, ces deux actions sont suivies d'un gigantesque glissement de terrain qui emporte la pierre dans les entrailles de la terre où on en n'entend plus jamais parler. Comme on finit par ne plus entendre parler des deux types. Vous m'objecterez que cette pierre a rempli la vie de ces deux hommes, en lui donnant un sens, ou plutôt un but, et que les applaudissements ont dégourdi les mains du public qui commençait à s'endormir. C'est un fait. Mais à part ça, je ne vois pas en quoi le fait de déplacer une pierre change quoi que ce soit à la condition humaine. Franchement, je ne vois pas. Or, si je considère le nombre de pierres déplacées de nos jours — déplacées par devoir ou parce que la conscience collective le dicte — et le peu d'effet que ces déplacements ont sur les fondements mêmes de la vie des hommes, j'en conclus que la pêche à la truite est d'un profit bien supérieur.
Allez en paix.
16:35 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, sarkozy, condition humaine, conscience, oxfam, tab'agir, secours catholique
12.12.2009
Johnny, tu brûles mon esprit
Tandis que se tient à Copenhague le concile de l'Eglise d'Ecologie — où cardinaux, évêques, et fidèles venus du monde entier communient dans la nouvelle foi universelle —, la France, la France de Chateaubriand et de Pascal, retient son souffle et tend l'oreille en direction de Los Angeles — baie des anges ! — où Johnny, Johnny son Christ, Johnny son Dieu… a mal au dos.
Hier soir, le journal de France 3, financé par l'impôt, relata cet évènement pendant plus de cinq minutes, à l'issue desquelles, ayant un peu perdu le fil en cours de route, je crus qu'on venait de m'annoncer la mort tragique du chanteur, laquelle m'inspira aussitôt ce titre sur huit colonnes : Johnny s'en va-t-en bière.
Ma femme, qui pourtant n'en pince pas spécialement pour lui, me fit alors remarquer qu'en tant que catholique, je ferais bien d'être un peu plus chrétien. Je lui promis de faire des efforts la prochaine fois.
Cela étant, je ne boude pas mon plaisir de voir Johnny, certes à son corps défendant, reléguer la messe de requiem célébrée chaque jour au concile de Copenhague à la deuxième place du hit parade de l'actualité.
06:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, concile, chateaubriand, pascal, christ, los angeles, hit parade
10.12.2009
Vive le çon, vive le çon
Cantona que l'amour, on chante des chansons d'amour. Et Cantona que les pieds, on les met dans des pantoufles. Mais Eric, le plus grand joueur de foot de l'histoire du karaté, n'aime pas les pantoufles. Il déteste les pantoufles. Alors il met ses pieds dans la tronche d'un supporter, ou sur la table, ou dans le plat, comme dernièrement. Oh, un bien petit plat, en vérité. A peine un ramequin. Pas vraiment de quoi en faire un plat. Enfin, je le cite quand même : «Etre français, c'est être révolutionnaire, d'abord…» Il en a dit plus, mais c'est trop long.
Donc, selon Saint-Canto, ce qui définit «d'abord» l'identité d'un français (et non d'un français d'abord), c'est la révolution qui coule à gros bouillons dans ses veines. Bon, alors si c'est ça, je demande immédiatemment l'asile politique au Bouthan, où j'ai repéré une petite échoppe de marie-jeanne. Parce que jouer tous les matins à saute-bastille avec la tête de Flesselles au bout d'un pic, je vous le dis tout de suite, je m'y refuse. Je n'en ai pas la force et je préfère de loin le statut d'apatride à celui d'agité du bocal.
Est-ce que l'on pourra vivre un seul jour dans ce pays sans qu'un type surgi de nulle part nous braie la Carmagnole dans les oreilles ?
12:05 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : écric cantona, révolution, identité, bastille, bouthan, carmagnole
07.12.2009
De Malthus à Malthus en passant par Copenhague
A Copenhague, ils vont sauver la planète. Mais nous, qui nous sauvera ?
Les gouvernements sont très occupés. Dieu joue au golf à Saint-Nom-la-Bretèche et ne veut être dérangé sous aucun prétexte. Le Dalaï Lama a pris un sérieux coup de vieux. Les extra-terrestres n'ont toujours pas réussi à nous localiser. Mandela prépare la Coupe du Monde de foot. Le standard de SOS-humains-en-danger a sauté.
Nous devons nous rendre à l'évidence : nous sommes seuls et mal barrés. Notre horizon est bouché comme un évier après la plonge. Et puis les animaux ne nous aiment pas. Notez qu'ils ne sont pas les seuls. Les hommes aussi n'aiment pas les hommes. Tellement peu qu'ils se réuniront un jour prochain dans un autre Copenhague pour réduire la population humaine. C'est inscrit dans le calendrier malthusien. Ne reste plus qu'à fixer la date.
La réduction de la population se fera sans bombe. Nous toucherons une prime à l'arrachage de fœtus et double prime pour une ligature des trompes. On va d'abord s'occuper du cas des africains, des indiens et des chinois. Scouic… Comme disait Cousteau, la terre ne peut pas supporter plus de 800 millions d'hommes. C'est donc plus des cinq sixièmes de l'humanité qu'il va falloir passer par profits et pertes. Y'a du pain sur la planche du boucher. L'ONU mettra tout ça en musique, au propre et au figuré.
16:56 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : planète, dalaï lama, extra-terrestres, mandela, africains, chinois, indiens, cousteau
05.12.2009
Infocalypse
Ambiance kinder garten. Mouche ton nez, car tu pourrais tuer l'instit avec ta morve.
Face à l'inexplicable, on a tendance à théologiser. La vaccination contre la grippe, c'est : une répétition générale, un test sanitaire grandeur nature, avant l'apparition probable, dans quelques années, d'un super virus exterminateur.
Ou :
Un complot des puissances du mal contre l'humanité. OMS = Organisation Mondiale de Satan. Le vaccin nous tuera tous. La preuve : les polonais, ultimes catholiques du Continent, et à ce titre toujours en ligne directe avec Dieu, ont été mis au parfum par Iceluy, et ont par conséquent refusé la vaccination.
Ou :
Une prophylaxie humaniste. Ne plus écrire MÉDECIN, mais MÉDESSAINT. Les pouvoirs publics sont bons, nous protègent. Hypothèse vraiment folle, mais la théologie est folle.
Ou :
Une hypertrophie de la machine sanitaire, dont l'activisme réduit les pouvoirs publics au rang de bras armé. Big Brother s'appelle désormais Big Seringue.
Malgré l'abondance d'informations la concernant, et sans doute à cause de cette abondance, la grippe nous contraint à une gymnastique interprétative délirante, exactement comme le réchauffement climatique. En l'espèce, abondance de biens nuit toujours. La transparence et la profusion de l'information créent une opacité infranchissable. Impossible de choisir entre le picotin d'avoine et le seau d'eau. Nous sommes des ânes morts. Ou plutôt : dans le doute, nous choisissons et le picotin et le seau d'eau. Mélangés, ils donnent une bouillie indigeste. Le seul complot existant est celui ourdi mécaniquement par nos prothèses médiatiques.
Fermez le ban. Et les journaux, la télé, l'ordinateur,…
08:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe a, réchauffement climatique, information, satan, dieu, oms, virus
02.12.2009
De la Suisse dans les idées
Les Suisses votent aussi mal que les Français, les Irlandais ou les Néerlandais. Des bœufs, quoi. On leur avait pourtant expliqué : les minarets, vous êtes pour, hein ?!… Comme on avait expliqué aux Français, Irlandais et Néerlandais : le Traité constitutionnel, vous êtes pour (point d'exclamation). Putain de peuples qui ne pissent pas dans le pot qu'on leur tend ! Incompréhensible… Totalement bouchés à l'émeri.
C'est toujours pareil, avec eux. On veut leur faire plaisir, on les démocratise, on met des autos à leur disposition, on leur laisse dire un minimum de conneries afin, croit-on, qu'ils n'en fassent pas un maximum, seulement voilà, ça ne leur suffit pas. Faut en plus qu'ils la ramènent… qu'ils donnent leur point de vue… leur avis… et nous foutent par conséquent dans une merde dont ils n'ont même pas idée. Se rendent-ils compte, ses Suisses de mes deux, que si les arabes retirent leurs pétro-dollars des banques zürichoises, des types en cravate vont devoir revendre deux ou trois de leurs limousines ? Non, bien sûr, c'est que des burnes. Sans compter que leur geste inconsidéré nous expose au terrorisme, à la guerre, à l'apocalypse, à la chienlit, à la grippe A, à la résurrection de Mickaël Jackson et aux 7 plaies du Bas-Berry, le tout conjugué un même jour de 2012 !
Les Français, les Irlandais et les Néerlandais, on les a matés. N'ont même plus droit au titre de carpette dans la belle Europe qu'on leur a chiée sur la tête. Problème réglé. Mais les Suisses. Ces cons-là n'en font pas partie et n'en veulent pas de notre belle Europe. Préfèrent leurs trous de Gruyère et les palines qui ornent les balcons de leurs chalets. On va en faire quoi, de ces gueux ? Les atomiser ? Après faudrait se justifier, remplir des papiers : trop de complications. Les faire revotationner ? C'est une solution, mais sont capables de confirmer en appel. Parce que sous leurs bonnets en laine, les suisses ont comme qui dirait de la suisse dans les idées, et même du petit suisse. Pas des montagnards pour rien.
Soyons francs. Si ça nous travaille tant, le vote suisse, c'est parce qu'il pourrait réveiller la fierté des 27 peuples émasculés qui siègent (au propre et au figuré) à Strasbourg. Or, la fierté des peuples, on sait à quoi elle conduit inexorablement : les aristocrates à la lanterne. Notez qu'on ne craint pas grand chose de ce point de vue, les aristocrates ne courant plus les rues de Berlin, ni celles de Paris ou de Rome, depuis au moins l'aube du 20 ème siècle. En Europe, depuis longtemps déjà, on fait dans le technocrate, un androïde chromé, pas plus malin qu'un aspirateur, mais c'est précisément ce qu'on lui demande : aspirer, le fric, les âmes, tout, androïde assisté par des politiques 2-de-QI, des médias 0-de-QI et tout un tas de services privés/publics tenus par des rentes. Mais on s'égare... et ça devient vraiment incompréhensible, même pour le type au clavier.
Revenons à nos Suisses (je reprends la parole, parce que l'européen qui parle à ma place commence à me sérieusement épuiser). J'ai strictement rien à foutre qu'ils n'aiment pas les minarets et les oiseaux perchés dessus. Evidemment, par leur geste, les Suisses n'ont pas manifesté beaucoup d'empathie, ni de diplomatie, et je peux comprendre que ça en inquiète plus d'un. Mais comment ne pas les remercier pour le spectacle offert : nos fumistes démocrates qui se torchent le cul sans vergogne avec l'objet de leur adoration.
Vive la Suisse Libre…
17:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peuples, français, irlandais, néerlandais, grippe a, terrorisme, guerre, minarets










