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29.03.2010

Insultologie

Grâce au Parti Communiste, nous nous sommes allègrement et mutuellement traités de fascistes pendant plusieurs décennies. Au début c'était très drôle, mais à la fin c'était lassant. L'insulte ne portait plus, même agrémentée de l'épithète «sale». Dieu merci, les ligues de vertu ont toujours un dictionnaire ouvert devant elles et le fasciste émoussé a été remplacé par le raciste.

Raciste est une insulte très perfectionnée, c'est de la haute technologie. Non seulement on peut la proférer sans risque, mais en plus on peut porter plainte contre la personne insultée, ce qui était impossible avec fasciste. Personnellement, je n'ai jamais vu en France de «sale fasciste» se trouvant dans l'obligation de répondre devant un tribunal du soupçon qui pesait soudainement sur lui. Avec raciste, oui. Ici, l'insulte a presque valeur de preuve.

Très en usage dans les sphères éthérées de la politique et du chaud-bise, cette insulte n'est pas l'apanage exculsif des vertueux. Eric Besson, le ministre de l'irrigation des campagnes françaises, vient en effet de qualifier de racistes les chroniques de Stéphane Guillon, le Savonarole des matinales de France-Inter. Evidemment nul n'ignore que les chroniques de Stéphane Guillon ne sont pas racistes. Elles sont juste mauvaises. Mais dans la tête du ministre il s'agit, du moins je l'imagine, de lui renvoyer le compliment. Leur petit jeu peut durer longtemps. Ça finira peut-être même au tribunal où les insultés sont désormais plus nombreux que les insulteurs.

27.03.2010

C'est un Monde

Ce titre sur le site du Monde : "Débarquée d'un avion, une femme handicapée saisit la Halde". N'y avait-il donc pas de rampe ?

22.03.2010

Front National, fais moi peur !

En 2004, le Front National était présent dans 17 régions au second tour des élections. En 2010, dans 12 régions.

En 2004, le Front National avait remporté 118 sièges. En 2010, il en a perdu 38. J'ajoute qu'à la suite de dissidences et de désaffections diverses (et sans doute cocasses), le FN ne comptait plus que 100 conseillers régionaux à la veille de ces dernières élections.

En 2004, au plan national, le FN avait ramassé 14,7% des voix. En 2010, 8,7%.

Moi, j'appelle ça une branlée.

19.03.2010

Ce champ doit être renseigné

Soit le MRAP, le CRAN et la LICRA démontrent, preuves à l'appui, que ce qu'a dit Zemmour à propos des noirs et des arabes délinquants est faux, soit ils ferment leurs gueules. Quant à France 2, qui commence à se demander s'il ne serait pas temps de bouter l'importun hors des studios, elle ferait bien d'en faire autant : la boucler ou lui prouver qu'il a tort, avant de penser à le virer. Malheureusement, dans le monde procédurier des pervers narcissiques, la preuve, l'argument et la contradiction n'existent pas. Dans ce monde, on est sourd et aveugle — et toujours victime, ça va de soi.

PS : je ne suis porteur d'aucune action Zemmour.

17.03.2010

La haine en pot

Comme les pensées, la haine se cultive en pot. Et plus le pot est petit, plus la haine est grande. La haine ne s'épanouie que dans l'étroitesse. Au milieu d'un pré, elle dépérit. Sur une lande, elle dépérit. Elle n'aime pas non plus la lumière. Enfermer le pot dans un placard fortifie la haine.

La haine ne pousse que dans une seule sorte de pot : l'homme. Dans un chien, une vache ou un insecte, elle ne prend pas. La graine de haine y meurt instantanément. Vous aurez beau l'arroser, rien n'y fera.

Le terreau est important. Plus il est riche en fumier, plus la tige de la haine est longue et plus sa floraison est durable. Les jardiniers les plus adroits font pousser des haines éternelles.

La fleur de haine est comestible. C'est un plat qui se mange froid aussi bien que bouillant. Ne jamais oublier de saler ses plaies. Les plaies sont les petites et grandes entailles qui veinent ses pétales, comme les dendrites dessinent des cercles concentriques, un par an, dans le tronc des arbres.

La haine est transmissible. C'est d'ailleurs la seule plante qui le soit. Par le regard, notamment. Un regard dit appuyé suffit parfois à la refiler à son voisin, dont le pot, tout émoustillé, frétille soudain de l'aubaine (et aussi, sans doute, un peu de la queue). Autre vecteur de transmission : les mots. Beaucoup plus explicites que les regards, ils mettent les points sur les "i" plus encore que dans la gueule.

La culture sous serre de la haine permet de lever des armées. On peut alors parler de culture industrielle.

Le fruit de la haine, contrairement à la fleur, est immangeable. En tombant sur le sol, il éclate en une purée rouge, dont on ne peut rien faire, pas même du boudin.

Les graines de haine sont gratuites et disponibles partout où il y a des hommes, des femmes et des enfants. Même s'il leur arrive de l'ignorer, ils en ont tous plein les poches.

11.03.2010

L'odeur des élections

Les élections se repèrent à l'odeur. Plus elles approchent et plus l'air devient irrespirable. Comme si la presse et la classe politique profitaient de cette occasion pour vidanger leurs égouts.

Les élections, c'est donc avant tout un manque certain d'éducation. Imaginez un instant que cinquante péquins décident de déballer leurs sacs de linge sale dans le bureau d'un quelconque ministre ou député pendant plusieurs mois. Quel tête ferait-il ? Ne serait-il pas en droit de faire appel à la force publique pour recouvrer sa tranquilité ou obtenir au moins de ne plus entendre d'insanités ?

Il y a là une idée à creuser. Par exemple, assigner à résidence, le temps de la campagne électorale, toute personnalité politique prise en flagrant délit de grossièreté ainsi que tout journaliste qui se ferait l'écho de ce qu'on a coutume d'appeler désormais un «dérapage». A la niche, le vilain personnage !

Parenthèse : le mot «dérapage» n'est-il pas applicable à chaque mot sorti de la bouche d'un politique ? Re-parenthèse : si mes questions revêtent souvent un caractère extrême, mes réponses sont toujours modérées.

On me sussurre qu'il existe un moyen plus simple et plus radical de rétablir certaine forme de bienséance en société : supprimer pour de bon la politique, ce fanatisme religieux élevé au carré. D'abord je ne cautionne pas cette assertion… «fanatisme religieux élevé au carré». L'exposant est à l'évidence trop faible. Ensuite, on s'ennuierait ferme, sans politique. Les repas de famille seraient mornes et les bistrots des cimetières.

Non, je ne vois que le rétablissement de l'étiquette pour mettre un peu d'ordre dans ce foutoir que sont les élections. L'étiquette dont la clé de voûte est l'honneur, je le rappelle. Tout manquement à ses règles entraînerait automatiquement le bannissement du malotru ou son suicide, sans qu'on ait même à l'y contraindre. Genre, à la japonaise. Un journaliste de Libé ou un ministre du temps à tuer se faisant hara-kiri, ça aurait de la gueule…

08.03.2010

Chérie, j'ai rétréci les grosses

D'après un biologiste américain, les femmes seront plus petites de 2 cm et pèseront un kilo de plus dans 400 ans. Il s'agit de moyennes, bien entendu. Et ces mêmes femmes, avec lesquelles nous n'aurons jamais le plaisir de faire un brin de causette, seront également plus fertiles, entendez par-là qu'elles auront des enfants comme on attrape en rhume en hiver. Le simple fait de les approcher sera susceptible de les mettre enceintes. Toujours d'après ce biologiste, elles seront aussi plus robustes, sans doute parce que plus trapues, et en outre moins sujettes au cholestérol, ce qui aura pour effet collatéral de mettre Jacques Weber définitivement à la retraite, ce dernier n'ayant alors plus aucune raison de vendre à la télé les peu ragoûtants petits pots de Danacol.

A ma connaissance, l'auteur de ces étonnants pronostics n'explique pas pourquoi les femmes seront plus petites et plus grosses, en un mot plus boulottes, dans 400 ans. D'ailleurs, en dehors d'une augmentation de la force de gravité, je ne vois pas ce qui pourrait expliquer ce phénomène. Il me semble même que la tendance actuelle est exactement inverse, si j'en juge par la taille des jeunes filles que je croise dans la rue. Certes, beaucoup d'entre-elles présentent des valseurs assez imposants et extrêmement rebondis qui ne sont pas sans rappeler certaines croupes chevalines. Mais le sommet de leur jolies têtes blondes tout enchiffrenées de boutons culmine bel et bien à des altitudes hymalayennes et les minets qui les accompagnent font à présent figures de caniches, voire de bassets, en comparaison. Du reste, j'en suis au point de me demander si nous n'empruntons pas les mêmes voies de l'évolution que les mantes religieuses, dont la femelle, énorme, mange le mâle, chétif, après chaque partie de pattes en l'air. Je vais tâcher désormais ne pas trop leur regarder le valseur, à ces jeunes filles, ou sinon avec plus de discrétion, pour être bien certain de ne pas servir d'encas. Ne le répétez pas à ma femme, elle serait fichue de suivre un traitement aux hormones de croissance pour satisfaire plus tard son appétit.

02.03.2010

J'aime les crétins du Paris-Saint-Germain

J'aime le foot, je l'ai toujours aimé, c'est un sport enfantin, aussi bien de rue que de campagne, qui se joue avec une sphère ou un cube, une boulle de papier ou la tête de l'adversaire, comme autrefois les Incas ou les Mayas. Les lois de ce jeu sont simples et belles comme celles qui régissent le mouvement des planètes et c'est d'ailleurs pour ça qu'il est universel et pour ça qu'il enchante les pauvres et les riches du monde entier, les chats et les ours de toutes les ménageries, les hommes et les femmes de tous les foyers, les enfants et les vieillards de toujours. Son avènement au XIXème siècle fut au moins aussi important que l'invention de la vapeur ou du télégraphe et tous les autres sports collectifs codifiés en découlent, avec plus ou moins de bonheur, il est vrai. Ainsi le rugby, jeu prétendument physique et populaire, mais en réalité abstrait et snob, dont les règles métastatiques et absconses ne tiendraient pas dans un volume d'encyclopédie Larousse en couleur. Du reste je ne m'étends pas sur le caractère éminement franc-maçon de ce jeu de mangeurs de cassoulet pour ne pas ajouter à la confusion et à la douleur des malheureux qui croient tenir chaque dimanche après-midi l'œuf de Colomb entre leurs mains et j'en reviens au foot et plus précisément à ce que lui infligent des crétins lorsqu'ils s'étripent autour des stades ou dedans, tels ces stupides supporters du Paris-Saint-Germain, que j'ai pourtant envie d'embrasser, une fois n'est pas coutume, tant dimanche soir ils ont contribué à clarifier l'énigme de la violence qui escorte ce jeu depuis des années comme un peloton d'éxécution conduit un condamné vers un mur. Privés de supporters marseillais, et n'ayant donc rien d'autre à se mettre sous la dent qu'eux-mêmes, ils se sont entre-tués, prouvant par-là que le foot n'est qu'un prétexte, un lieu où l'on est certain d'être filmé par quelque chaîne de télé avide de sang, de chiques et de molards. Merci, donc, merci mille fois aux crétinoïdes d'Auteuil et de Boulogne qui ont si obligeamment éclairé la lanterne des quelques personnes qui soupçonnaient encore le foot d'être à l'origine des violences qui l'entourent.

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