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19.04.2010

Un journal appelé Le Monde

Lu dans la page sport du Monde.fr à propos d'un joueur français qui aurait fauté avec une prostituée mineure : «Ribéry avait l'air sérieux. Il s'est converti à l'islam et présentait tous les signes extérieurs de la conformité religieuse.» Je laisse à chacun le soin d'apprécier ces deux phrases, de les méditer, d'en rire et d'en pleurer. Le Monde, qui bouffe une dizaine de curés par jour et conpisse le catholicisme avec un bel entrain, voit apparemment dans l'Islam un gage (certain) de vertu et dans ce footballeur "converti" quelque chose comme un traître (à lyncher). Il "avait l'air sérieux" mais ne l'était pas. Ce journal m'étonnera toujours…

10.04.2010

Un avion polonais s'écrase sur la télévision française

Un pays allié, un pays ami a perdu son président et une bonne partie de son élite dans un accident d'avion. Nous sommes unis à ce pays par l'Histoire et par une certaine façon de regarder le monde et de l'éprouver. Nous avons déclaré la guerre aux nazis quand ce pays a été envahi par cette bande de salopards et ce pays nous a offert sa plus belle jeunesse pour extraire le charbon de nos mines. Nous avons aidé ce pays et ce pays ne nous a jamais abandonné. Pour toutes ces raisons, et beaucoup d'autres, nous appartenons à la même famille.

Jusqu'à ce soir. Ce soir, les journaux télévisés français ont consacré moins de dix minutes de leur soupe à ce qu'il faut bien appeler le drame polonais. Moins de dix minutes. Une soupe dont les plus gros morceaux étaient la retraite de Le Pen, le sport, le retour du soleil et les faits divers. Je n'invente rien. L'homme tronc (con) de France 2 a même conclu le «chapitre» polonais par un convenu et révélateur : «Voilà tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet événement.» Evénement dont il n'a rien dit, sinon : avion tombé, stop - polonais tristes, stop - président mort, stop - président conservateur catholique, stop.

Un pays européen se trouve décapité et c'est «tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet évènement». Un pays auquel Poutine en personne venait, non sans quelques arrières pensées, de présenter les excuses du peuple russe pour le massacre de Katyn. Un pays dont Obama a souligné combien le drame qui l'affectait était aussi celui des Etats-Unis. Un pays dont l'enjeu géopolitique et géostratégique échappe apparemment totalement aux journalistes de la télé française.

Voilà tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet événement — qui nous a surpris en plein apéro. C'est pas une excuse !

 

09.04.2010

Mort d'un comique voyageur

J'ai longtemps cru que Malcolm MacLaren était une voiture ou un pilote de Formule 1, enfin un truc vrombissant et tapageur. Jusqu'à ce que je me rende compte que c'était effectivement le cas. MacLaren était vrombissant et tapageur. Mais loin d'être con, ça non. Les Sex Pistols, qu'il inventa puis lança comme une pierre dans l'eau, fut un des plus gros gags musicaux des 50 dernières années. Un gag auquel un tas de sourds crut dur comme fier. Et il en fit bien d'autres, Malcolm, des farces de ce genre. J'apprends qu'il vient de canner. Hâtons-nous de lui mordre un orteil — sûr qu'il se fout encore de nous. D'ailleurs, j'entends d'ici qu'il pouffe.

08.04.2010

La Vendée ? Vendez !

En Vendée, il y avait des digues, il n'y en a plus. Et derrière ces digues, il y avait des maisons, qui auront elles aussi bientôt disparu. Ce que la flotte n'a pas emporté, le pouvoir politique se charge de le balayer.

C'est qu'il ne veut plus construire de digues, le pouvoir politique. Il ne veut plus se faire chier à relever des murs que l'océan détruit tous les quarante ou cinquante ans. Il ne veut plus entendre parler de noyés, surtout. Ce qu'il veut, c'est un pays sans risque, où 65 millions de Français vivraient en Auvergne, par exemple, serrés les uns contre les autres au sommet du Puy-de-Dôme, c'est-à-dire le plus loin possible des côtes et très au-dessus du niveau de la mer.

Imaginons un instant que la même chose se produise en Hollande, où une bonne partie de la population vit non seulement au bord de la mer, mais en dessous de son niveau — les fameux polders (pas besoin d'imaginer, d'ailleurs, en 1953 deux milles hollandais ont bel et bien bu la tasse). Que feraient ces mangeurs de fromage du nord, en pareilles circonstances ? Ils reconstruiraient. Faut dire qu'ils n'ont guère le choix, la place leur étant comptée. Ils remonteraient leurs manches, consolideraient les digues et trouveraient d'autres astucieuses solutions pour tenir la nature à distance, au moins pour un temps. Jusqu'à la fois suivante. Comme ils le font depuis des siècles.

En France, non. Le truc à la mode, c'est : renoncer. La nature veut reprendre ses droits ? Pas de problème. Entrez seulement. Vous êtes chez vous. Avant on aurait mobilisé, sonné le tocsin dans les communes, et les digues, pierre par pierre, auraient été remontées. Mais plus maintenant. Maintenant on pratique la politique de l'abandon. Zones Noires, qu'on appelle ça. Un coup de bull dans les baraques et des panneaux plantés à leur place indiquent que la République n'ira pas plus loin désormais, qu'au-delà la nature est chez elle, etc.

Je viens même d'apprendre que des maisons vendéennes qui n'ont pas été inondées, qui sont donc intactes, seront démolies comme les autres, car le terrain sur lequel elles se trouvent vient d'être déchu de son droit à recevoir des hommes. Terrain jugé dangereux et rebaptisé Zone Noire. Noire comme l'obscurité qui gagne ce pays.

Un préfet, ou un ministre, ou je ne sais plus quel autre sorte de zombie, a dit à un journaliste que c'était affaire de bon sens, laissant entendre par là que toute personne qui s'aviserait de contester la décision passerait pour folle, voire malhonnête, voire les deux.

Je suis né en France en 1964 et je n'ai jamais ressenti le besoin de quitter ce pays, sauf pour aller goûter la bière des voisins. Pourtant, comme dans la Machine à explorer le temps, et alors même que je n'aurai pas bougé d'un centimètre, je mourai dans un lieu totalement différent, où la nature aura repris ses droits et où les Morlocks mangeront les Éloïs. Un lieu où il ne fera pas bon être un Éloï.

07.04.2010

Fatwa, un mot passe

fatwa.jpg

Sur les 32 000 mots que comprend le français usuel, environ 500 proviennent de l'arabe, lesquels sont le plus souvent relatifs à la botanique, l'équitation, la cuisine ou l'astronomie. Ma préférence va tout naturellement aux mots alambic et alcool, dont je note au passage qu'ils sont passés de mode dans leurs pays d'origine.

Depuis une vingtaine d'années, un mot arabe n'appartenant à aucun des registres susmentionnés tente à son tour de se faire une place au soleil de notre langue, hélas par la menace et le juridisme le plus exacerbé, je veux bien sûr parler de la fatwa.

Ce mot désigne un avis ayant force de loi et prononcé par un religieux musulman. Contrairement à une opinion très répandue, une fatwa n'a pas toujours valeur de condamnation, elle peut aussi avoir un caractère positif. Malheureusement, la fatwa lancée en 1989 contre l'écrivain Salman Rushdie accusé par des extrémistes d'avoir blasphémé le Coran a donné à ce mot un sens exclusivement négatif, et pour tout dire effrayant, surtout quand on songe à l'épreuve infligée à cet homme qui se terra durant de nombreuses années pour échapper à une mort infamante… décrétée par une poignée de fous.

Mais ce mot ne serait-il pas en train de perdre sa force et son pouvoir de fascination ? Je le rencontre de plus en plus souvent dans des conversations anodines ou dans des articles de presse sans rapport avec l'Islam, comme ce dernier en date sur Marianne2, où l'on apprend que Denis Tillinac «dénonce la police langagière et la fatwa médiatique», dont Eric Zemmour ferait les frais (sur ce point je ne pense pas que Zemmour soit en frais, «son» histoire lui ayant au contraire attiré beaucoup de sympathie et rabattu de nombreux lecteurs et auditeurs). Or, quand un mot tel que fatwa perd de sa virulence, c'est le signe qu'il est en train de se dissoudre dans le langage commun, et qu'un jour prochain, il sera aussi émoussé que inquisition, qui ne déclenche plus que des sourires de circonstance, ou guillotine, encore employé par les fenêtriers, mais seulement eux.

En conséquence de quoi, il me semble urgent pour les quelques religieux musulmans adeptes des condamnations et menaces tous azimuths (mot d'origine arabe) de trouver un mot qui ait à nouveau le tranchant d'un cimeterre (mot d'origine persane).

06.04.2010

Grand coeur

Cette après-midi, comme une merde d'oiseau sur le capot rutilant de ma bagnole, un mail de Carrefour est tombé dans ma boîte, en faisant splatch. Objet du mail : «les Restos du Cœur vous remercient !»

Bien entendu, je n'avais rien demandé à ces deux œuvres de charité, qu'habituellement j'évite de fréquenter. Mais là, poussé par je ne sais quelle étrange curiosité, j'ai ouvert ce mail oxymorique et mystérieux, dont l'aspect et le parfum signaient sans conteste sa fiente de pigeon bien gras. Et j'ai lu ceci :

 

pubCarrefour.jpg

Ainsi donc, sans bouger un seul orteil, j'ai nourri des milliers de bouches et sans doute sauvé mon âme. Avec Carrefour, je positive.

 

 

03.04.2010

Les avatars de James Cameron

james-cameron-avatar_articlephoto.jpg

Il fut un temps où des acteurs étaient en chair et en os. Ils s'appelaient Mitchum, Wayne, Flynn, ou Ventura. Ils ramenaient leur viande sur le plateau et au clap ils se mettaient en mouvement avec la grâce d'un félin ou la raideur brutale d'un bloc de granit en chute libre. Devant la caméra, ils peignaient la vie dont ils étaient remplis avec une précision et une netteté toujours inégalées. Après quoi, leur numéro terminé, ils s'envoyaient une bière en un quart de seconde et sautaient la maquilleuse dans une caravane (Mitchum); ou remontaient sur leur voilier à l'ancre dans la baie de Los Angeles (Flynn); ou regagnaient leur ranch de 7000 hectares en Arizona (Wayne); ou rentraient dans leur pavillon de banlieue à peine plus cossu que celui de leur voisin (Ventura). Ces acteurs étaient des hommes, c'est-à-dire qu'ils étaient réels, et qu'à ce titre ils menaient des existences d'hommes réels, au cinéma comme à la ville.

Le saint-frusquin cinématographique, ils n'y croyaient pas vraiment. Ils le concevaient au mieux comme un moyen de gagner plutôt bien leur vie sans avoir trop à se défoncer la paillasse, tout en n'ayant pas honte de leur tronche quand ils la croisaient dans un miroir le matin. Or si ce type d'acteurs a pu exister, c'est parce que des réalisateurs ont compris qu'avec eux même le décor était superflu. Il suffisait qu'ils apparaissent à l'écran pour qu'on y croie et que l'histoire racontée pénétre dans le corps des spectateurs par tous les pores de la peau.

Aujourd'hui, plus besoin d'acteurs, et encore moins de CES acteurs. La viande est passée de mode, dépassée par la synthèse. Dans Avatar, des créatures bleues à tresses de mandarins et queues de gnous ont été substituées à Wayne, Mitchum et consorts, et jouent en effet les avatars, sans émotion ni sensualité. D'ailleurs, si ces créatures mesurent trois mètres de haut, ce n'est pas un hasard. C'est compensatoire, censé donner le change — comme si Mitchum n'avait jamais été qu'une masse. Et c'est le grand paradoxe de ce film, où le faux symbolise la vie et le vrai (les acteurs réels), la mort. Un paradoxe dont notre monde se satisfait pleinement.

James Cameron est le grand fossoyeur du cinéma réel, et donc de la possibilité pour le septième art de dessiner les contours de la vie. Sa quête d'un monde en toc a commencé avec Terminator et l'anti acteur viande Schwarznegger, pur produit de synthèse de l'industrie chimique et du showbiz. Ça tombait bien, il en fit un robot. Dans Alien II, alors qu'il avait sous la main une actrice rayonnante de chair, il ne put s'empêcher dans une scène finale très prévisible de la revêtir d'une armure mécanique jaunâtre — j'imagine que c'était pour n'avoir pas à filmer son corps dans l'épreuve. Dans Abysse, qui préfigure Avatar à vingt ans d'intervalle, les douces et sages créatures sont bleuâtres et transparentes, mais déjà incapables d'exprimer la moindre émotion. Pourtant, là encore, ce sont elles qui portent l'étendard de la vie. Enfin, dans Titanic, le seul acteur à peu près vivant de la distribution fut cloué à l'avant du bateau comme une tête de proue en bois polychrome, seule image qui reste aujourd'hui de ce film.

On ne peut pas dire que James Cameron n'aime pas la vie. Simplement, il ne la voit pas et ne peut donc pas la comprendre et encore moins la restituer à l'écran. C'est pourquoi, quand ce grand écologiste embouche la trompette de la renommée cinématographique, il joue faux. C'est sans importance, les spectateurs étant sourds.

01.04.2010

Au bordel, les curés !

Ça sent le souffre dans le confessionnal et le foutre dans la cure. Les athés bichent à mort, ils tiennent enfin l'Église par les couilles. Au bûcher les curetons ! Tous pervers et pédoques. Des engeances de Dieu.

Au bûcher ou au mariage. Ce qui, dans bien des cas, revient au même.

Le mariage dépédophilierait-il les prêtres ? Les athés, qui bourrent leurs femmes comme des malades et qui donc jamais, au grand jamais, ne trempent leurs petites quéquettes dans des trous de moins de 18 (genre au dessous du par), en sont convaincus.

Mais alors, si c'est qu'une affaire d'hygiène sexuelle, le gros problème des prêtres, pourquoi ne pas leur payer des putes ? Ils pourraient même avancer la thune et se faire rembourser par la Sécu contre présentation d'une feuille de soins. Vu qu'ils ne sont pas très nombreux, ça ne creuserait pas de beaucoup plus le trou. De la Sécu. Et capotes obligatoires, également remboursées, mais ointes par Sainte-Gudule, ça coulisse mieux.

On pourrait même ouvrir des maisons closes (toujours impayable, celle-là) pour prêtres. Des maisons repérables à leur lanterne pourpre. Imaginez le tableau : l'évêque dans la chambre 6 avec Lola, le vicaire dans la 8 avec la grande Sosso et la petite Gigi. Il a de gros appétits, le vicaire. Et madame Mado causant Trinité au salon avec l'abbé, devant un verre de Guignolet Kirsch. En fond musical le Magnificat en ré majeur de Bach.

Faudrait leur trouver un nom, à ces maisons. Je propose : Bordel de Dieu. C'est blasphématoire mais évocateur.

Sûr qu'ils se fendraient la gueule, les hommes de Dieu.

Pas comme les athés, toujours en couple et le regrettant.

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