La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

01.09.2009

Le Parti Socialiste est mort et nous sommes vivants

Depuis plusieurs années, le PS concentre tout ce qu'il y a de plus mou, de plus flasque, en un mot de plus rose en politique. Ce n'est d'ailleurs pas tant une affaire d'idées que d'individus. Je me suis toujours demandé comment un type de la trempe de Mitterrand a pu supporter des Aubry, des Royal, des Moscovici ou des Fabius à sa table. Peut-être ne les remarquait-il pas, tout simplement.

Prenons le cas de Martine Aubry. Lorsqu'elle paraît à la tribune dans sa juppe en grosse laine, on hésite à lui demander si elle vend des poireaux ou des melons. Notez que je n'ai rien contre les maraîchers, dont je remarque au passage qu'ils sont dans une panade autrement réelle que celle du PS. Mais enfin, pour une femme qui cultive le goût du pouvoir, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas la main très verte. Oh, je ne doute pas un instant de son intelligence, je m'étonne seulement qu'elle en use avec autant de parcimonie.

Malheureusement pour le PS, il ne suffit pas de tirer sur Martine Aubry à boulet rose pour le ramener à la vie. Mort en 1996 avec son fondateur, il est au mieux un souvenir qui s'estompe dans les mémoires.

Cette plate évidence, ce quasi truisme n'empêche cependant pas les journalistes de porter au cadavre de ce parti une attention aigüe. Comme si le mort, tel Lazare, pouvait sortir de son tombeau à tout moment et répondre à leurs questions.

De deux choses l'une : ou bien ces journalistes sont mirauds (l'amour rend aveugle), ou bien eux-mêmes sont morts, et alors nous sommes plongés en plein roman dickien.

Une rumeur laisse entendre qu'au moins 70% des journalistes voteraient à gauche. Je confirme. Il suffit de traîner dans une salle de rédaction la veille d'un scrutin pour s'en rendre compte. Et n'allez pas croire qu'au Figaro les journalistes votent à droite comme un seul homme, à savoir leur patron. Le Figaro est un quotidien conservateur certes, lu par des vieilles rombières et des jeunes cadres dynamiques d'accord, mais écrit en grande partie par des blancs-becs progressistes que la honte n'étouffe pas totalement.

Où voulais-je en venir ? Ah, oui : la sensibilité politique des journalistes, évidemment, les portent à croire, même s'ils ne se font plus guère d'illusions, que le PS, un jour, renaîtra de ces cendres ou qu'un messie lui rendra son lustre d'antan. Cette explication peut vous paraître sommaire, je vous l'accorde, voire un peu frustre, mais je n'en vois pas d'autres. Du reste, demandez-leur s'ils s'inquiètent autant de la santé du Front National ou du PC, également morts au champ d'honneur (parfaitement, les morts ont une santé, comme tout le monde!). Vous constaterez sans grande surprise qu'ils s'en tamponnent le bélinographe.

Si je vais au bout de mon raisonnement (un gros mot !), la conclusion s'impose d'elle-même : depuis 1996, le PS, c'est les journalistes. Le PS doit uniquement à la nostalgie et à l'espoir des journalistes de flotter encore à la surface des mémoires. Et c'est la raison pour laquelle je propose que la Carte de Presse fusionne avec la carte d'adhérent au Parti Socialiste. Ainsi, les choses gagneraient-elles en clarté, en rationalité et en efficacité.

Vive le People!

18.09.2008

Et si on se retrouvait, Martine...

Après une brève carrière d'actrice, Cécile Aubry se lança dans l'écriture de livres pour la jeunesse. Belle et Sébastien, pour n'en citer qu'un, connut un beau succès, et fut même adapté au petit écran. J'avais huit ou neuf ans quand je regardais ça. J'aimais bien le chien. Martine Aubry, qui n'a pas encore renoncé à sa carrière d'actrice, écrit aussi. Elle vient de publier Et si on se retrouvait…, un livre d'entretiens qu'elle aurait eus avec le sociologue Jean Viard et le journaliste Stéphane Paoli, celui-là même qui sort de son pageot pour écrire, contrairement à Proust. Entre parenthèses, si j'écris «aurait eus», c'est simplement parce que je n'y étais pas ; ni au lit, ni dans la pièce où ces prétendus entretiens se seraient déroulés. J'en ai assez de gober les yeux fermés tout ce que les journaux racontent : la mère Michèle à perdu son chat, le train sifflera trois fois, la mariée était en noir… qu'on m'apporte des preuves ! Faute de quoi je persisterai dans le conditionnel.

Je me suis bien gardé de lire le livre de Martine Aubry. Ce qu'elle fait avec deux hommes d'âge mûr pour s'entretenir ne me regarde pas. Je m'étonne cependant qu'avec un titre pareil la censure ne l'ait pas déjà précipité dans les enfers de la Bibliothèque Nationale. Des invitations telles que Et si tu montais boire un dernier verre…ou C'est quand tu veux…n'auraient pas été plus suggestives et propices à inciter à la débauche. Par ailleurs, comment ne pas remarquer que le verbe «retrouver» dans la phrase Et si on se retrouvait… indique une évidente volonté de récidive de la part de la malheureuse. Elle y a pris goût et en redemande. Encore un mauvais tour du vice, n'aurait pas manqué de souligner la comtesse du Pas. Enfin je note que ce livre s'est faufilé dans les librairies en pleine rentrée littéraire, dans le sillage des chefs-d'œuvres d'Angot et Millet, nos deux ameugnounantes et néanmoins nationales messalines. Tirez-en les conclusions qui voudront bien s'imposer à votre esprit. A quelques semaines du sacre de Bertrand à Reims, le Parti Socialiste est vraiment dans de beau draps. A propos, qui portera la traîne ?

 

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu