04.11.2009
Des plates-formes sur mes plates-bandes
Ce matin, Richard Durant m'a téléphoné. Il voulait me vendre des panneaux solaires photovoltaïques. Pour couper court, je lui ai poliment expliqué que je n'étais pas intéressé, et que de toute façon je n'avais pas de temps à lui consacrer, un énorme pot-au-feu m'attendant sur le gaz. A son accent, je dirai que Richard était natif de Marrakech. Mais je peux me tromper.
Lundi, c'est Ludivine que j'ai eue au bout du fil. Elle aussi a tenté de me fourguer des panneaux solaires. Beaucoup plus expéditif avec elle qu'avec Richard, je lui ai simplement dit que je n'avais pas le temps. C'est que je ne plaisante pas avec la cuisson du riz pour la blanquette ! A son accent, je dirai que Ludivine était native de Rabat. Mais je peux me tromper.
Depuis environ deux ans, Eric Durant me téléphone régulièrement. Multicarte, il vend de tout : des panneaux solaires, des assurances, du crédit à la consommation, des abonnements pour le web et même des matériaux de construction. Pour qu'on lui confie autant de marchés, j'imagine qu'il est très fort dans sa partie. A ses accents, je dirai qu'Eric est natif de Fès, de Rabat, d'Agadir et de Marrakech. Mais je peux me tromper.
Je peux me tromper, mais il me semble quand même évident que les plates-formes téléphoniques offshore me prennent pour un con. Je sais très bien que derrière Richard, Ludivine et Eric se cachent en réalité Sven, Liv et Nils. Ou Olof, Ida et Pelle. Je sais aussi que ces plates-formes ont migré en Chine pour de basses raisons financières. Je sais qu'elles traitent leurs téléopérateurs comme du bétail. Et je sais qu'elles savent que je sais tout ça, y compris le fait qu'elles jouissent de toutes les protections commerciales et légales nécessaires à l'exercice peinard de leur activité délétère. Et je sais qu'elles savent que je ne couperai jamais le téléphone.
Oui, je sais.
Mais ça ne m'avance pas vraiment de le savoir.
15:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rabat, marrakech, fès, agadir, chine, téléopérateurs
18.05.2008
Péril jaune
L'attention que nous portons depuis dix jours aux moindres faits et gestes des chinois contraste avec le souverain mépris que nous affichions à leur égard voici quelques semaines encore. Comme s'ils étaient brutalement passés du statut de bourreaux à celui de victimes par la grâce d'un tremblement de terre. Pourtant, au lieu de nous rassurer, ce changement de notre perception a pour effet de nous plonger dans une grande stupeur : et si ce colosse avait des pieds d'argile ? Du coup les questions se bousculent : quelle incidence ce tremblement de terre aura sur l'économie mondiale ? Le marché alimentaire (riz) sera-t-il affecté ? La transparence affichée par les chinois n'est-elle qu'une ruse ? Sinon aura-t-elle des effets sur leur politique intérieure ? Et donc extérieure ? Un soulèvement des populations touchées par la catastrophe est-il
envisageable ? Les américains ou les russes ne seraient-ils pas tentés de profiter de ce moment de faiblesse ? Les journaux sont pleins de ces questions angoissantes. C'est presque risible. Les chinois nous semblent plus effrayants légèrement sonnés par un horion de la nature, que pétant le feu et en position de nous manger tout cru.
Sans aucun rapport, j'aimerais bien m'offrir une petite visite dans la boîte crânienne de Robert Ménard. En voilà un qui doit être furax contre la nature. Tout son plan de (communication) bataille fichu par terre par un séisme. Dur d'être un héros.
16:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chine, robert ménard, riz, bourreau










