20.12.2009
Du déplacement des pierres par grand froid
Il neige, c'est la fête à la grenouille congelée. Il neige, c'est la faute au réchauffement. On ne peut pas nier qu'on nous avait prévenus : le réchauffement entraînera un refroidissement. C'est fait. Il est vrai que de la neige en décembre a de quoi inquiéter. Manquerait plus qu'il fasse chaud en juillet.
C'est là que l'échec de Copenhague prend tout son sens. Imaginez que les pays se fussent tous convertis au vert et qu'ils aient décidé de ne plus rejeter de CO2 dans l'air… Qu'ils l'aient signé leur foutu accord ! Eh bien aujourd'hui, il ferait un petit 8 degrés, il ne neigerait pas, et je serais en ce moment même au bord d'un étang en train de pêcher la truite avec mes enfants.
Quand je pense à tout ce poiscaille qui ne tombera pas dans mon assiette à cause de l'égoïsme des hommes ! Ça me donne envie de mettre une bombe, tiens. Une bombe de chantilly. Sous les jupes de la Reine. N'importe laquelle, c'est pas ce qui manque en Europe. Et d'appuyer sur le bouton. Pour voir un peu la gigue qu'elle danserait, la drôlesse. Je découvre à l'instant que j'ai le terrorisme farceur et pâtissier… Un peu comme l'entarteur. A cette différence près, que lui se prend tellement au sérieux qu'il passe aux actes.
Avez-vous remarqué combien l'action est devenu un culte ? Il faut agir. Agissons. Agitons-nous. Agite-moi tout ça, Nom de Dieu ! Un culte avec ses archiprêtres, archidiacres, archevêques. A gauche, à droite, tout le monde agit. On dirait qu'ils font du vélo. S'ils ne roulent pas ils tombent. S'ils n'agissent pas ils meurent. 10484 annonces parues au Journal Officiel correspondent à des associations qui se placent sous le "patronnage" du mot agir, comme le SECOURS CATHOLIQUE, ou dont l'intitulé se présente sous la forme de l'acronyme agir, ou encore contient le mot agir, comme dans OXFAM FRANCE AGIR ICI ou TAB'AGIR. Le nombre de slogans publicitaires ou politiques contenant le mot agir est quant à lui très probablement indéterminable, et c'est tant mieux. Probablement inchiffrable aussi le nombre de fois où le Maître Vain emploie ce mot : agir, j'agis, agissons ensemble… Oui, mais en vain, jusqu'à preuve du contraire.
On connaît le principe. Un type sort une pierre de l'eau et la place sur une étagère après l'avoir séchée et étiquetée. Applaudissements. Un autre type arrive, un homme nouveau. Il prend cette pierre sur l'étagère, parcourt mille kilomètres en pirogue, et la remet à sa place. Applaudissements. Généralement, ces deux actions sont suivies d'un gigantesque glissement de terrain qui emporte la pierre dans les entrailles de la terre où on en n'entend plus jamais parler. Comme on finit par ne plus entendre parler des deux types. Vous m'objecterez que cette pierre a rempli la vie de ces deux hommes, en lui donnant un sens, ou plutôt un but, et que les applaudissements ont dégourdi les mains du public qui commençait à s'endormir. C'est un fait. Mais à part ça, je ne vois pas en quoi le fait de déplacer une pierre change quoi que ce soit à la condition humaine. Franchement, je ne vois pas. Or, si je considère le nombre de pierres déplacées de nos jours — déplacées par devoir ou parce que la conscience collective le dicte — et le peu d'effet que ces déplacements ont sur les fondements mêmes de la vie des hommes, j'en conclus que la pêche à la truite est d'un profit bien supérieur.
Allez en paix.
16:35 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : copenhague, sarkozy, condition humaine, conscience, oxfam, tab'agir, secours catholique
28.02.2009
Bêtise
Lorsque je n'écoute pas ma conscience, cette voix au timbre juste, je me livre pieds et poings liés à la bêtise. Alors je commets impairs, injustices et saloperies, qui font dire à ma conscience, au moment où elle trouve à nouveau un chemin à travers moi : «Je t'avais averti, pourtant.»
12:23 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conscience










