21.03.2009
Le(s) anar(s) de droite
Anar de droite : toute personne qui met son nez au moins une fois par mois dans un roman, une nouvelle, ou tout autre texte de Marcel Aymé.
Anar de droite n'est pas un club, mais une pratique solitaire, forcément honteuse.
Anar de droite égal lecture pour soi, et non pour tous.
Il y a de l'ubris, là-dedans. Se garder du troupeau est une folie de la Grandeur : seul contre tous, mépris des rassemblements, rêve, secret ou non, d'aristocratie, etc. Un rêve de Grandeur, mais humble, aux conséquences souvent tragiques, au plan individuel cela va de soi. Vocation de martyr ? Voir… Noter aussi que l'aigreur n'est jamais loin. A un moment de sa vie, l'anar de droite est obligé de l'affronter. Elle gagne souvent — Claude Autant-Lara, Céline, Marcel Aymé dans une certaine mesure.
Un anar de droite se refuse à se définir comme tel, toute définition étant à usage social.
Il y a de l'hygiéniste chez l'anar de droite. Se garder du troupeau n'est rien de moins qu'une prophylaxie. Crainte de la maladie sociale.
Ses valeurs sont simples, naïves : famille, patrie mythique, amis. Trois groupes à échelle humaine, c'est-à-dire à l'échelle de l'individu. A l'intérieur de ces groupes, l'anar de droite est un homme que rien ne permet de distinguer d'un autre. Sa folie commence seulement à la lisière.
La démocratie parlementaire revêt pour lui un aspect dégoûtant. D'autant plus qu'il lui est redevable, d'une certaine façon, et qu'il se sait redevable. Le considérant comme un enfant indiscipliné et prodigue, cette démocratie, afin de ne pas entrer en contradiction avec ses propres principes, le laisse jouer dans son coin. Regard maternel…
N'est jamais sérieux. C'est dû à son centre de gravité placé très près du sol.
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