08.01.2010
Les trompettes de la mort
Je n'entends plus parler du Dalaï Lama. Inquiètant. Est-il malade ? Les chinois l'ont-ils mangé ? A-t-il quitté l'orbite terrestre au cours d'une lévitation mal contrôlée ? C'est fou la vitesse à laquelle les grands de ce monde disparaissent des écrans de la gloire, simplement parce qu'on a les yeux braqués sur autre chose, le derrière de la voisine, les eaux du Pacifique qui montent au loin et viennent déjà lécher le parvis de Notre-Dame. Comme nous, nous les sans-grade, les oubliés-avant-de-naître, ils sont au fond bien peu de chose. Voyez Séguin. Plus personne ne se souvenait de son nom. Ni de sa silhouette, pourtant massive. Il a fallu que la mort l'emporte pour qu'on reparle de lui, à la télé, dans les foyers, au troquet. La mort a du bon. C'est toujours elle qui souffle en dernier dans les trompettes de la renommée.
21:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dalaï lama, philippe séguin, gloire, pacifique
07.12.2009
De Malthus à Malthus en passant par Copenhague
A Copenhague, ils vont sauver la planète. Mais nous, qui nous sauvera ?
Les gouvernements sont très occupés. Dieu joue au golf à Saint-Nom-la-Bretèche et ne veut être dérangé sous aucun prétexte. Le Dalaï Lama a pris un sérieux coup de vieux. Les extra-terrestres n'ont toujours pas réussi à nous localiser. Mandela prépare la Coupe du Monde de foot. Le standard de SOS-humains-en-danger a sauté.
Nous devons nous rendre à l'évidence : nous sommes seuls et mal barrés. Notre horizon est bouché comme un évier après la plonge. Et puis les animaux ne nous aiment pas. Notez qu'ils ne sont pas les seuls. Les hommes aussi n'aiment pas les hommes. Tellement peu qu'ils se réuniront un jour prochain dans un autre Copenhague pour réduire la population humaine. C'est inscrit dans le calendrier malthusien. Ne reste plus qu'à fixer la date.
La réduction de la population se fera sans bombe. Nous toucherons une prime à l'arrachage de fœtus et double prime pour une ligature des trompes. On va d'abord s'occuper du cas des africains, des indiens et des chinois. Scouic… Comme disait Cousteau, la terre ne peut pas supporter plus de 800 millions d'hommes. C'est donc plus des cinq sixièmes de l'humanité qu'il va falloir passer par profits et pertes. Y'a du pain sur la planche du boucher. L'ONU mettra tout ça en musique, au propre et au figuré.
16:56 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : planète, dalaï lama, extra-terrestres, mandela, africains, chinois, indiens, cousteau
05.12.2008
Le bonze et les méchants
Quelle vie que la vie du Lalaï Dalmate ! Chassé de son pays par les chinois, nous autres occidentaux nous en servons comme d'un boulet pour ébranler la muraille de Chine. Retour à l'envoyeur. Il est l'homme-yoyo. Quant aux tibétains, qui se pèlent le jonc sur les contreforts de l'Himalaya ? Des hommes-prétextes, dont nous aimerions assez qu'ils foutent un peu plus le bordel dans l'Empire du Milieu, mais qui, hélas, se retiennent de le faire, les paroles de paix du Lalaï leur servant encore de boussole — jusqu'à quand ? Et c'est là toute l'ambiguité de nos relations avec le vieux bonze. Quand nous applaudissons les manifestations de sa haute sagesse, nous nous disons in petto et en même temps, qu'il ferait mieux d'exhorter son peuple à se libérer, par les armes s'il le faut, histoire d'emmerder — croyons-nous — le pouvoir chinois. Lequel pouvoir a trouvé dans nos risibles agitations et notre peu finaud double-jeu un spectacle plaisant et une raison supplémentaire de ne pas nous prendre au sérieux.
11:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chinois, dalaï lama, occidentaux, muraille
12.11.2008
Le Bouddhisme, c'est le vide
La conversion au bouddhisme intervient généralement autour de la trentaine, quand on arrête de fumer de l'herbe. Ca aide à supporter le manque de THC, la descente est moins difficile. Seulement, et ça les convertis l'ignorent, le bouddhisme rend beaucoup plus con que le double-zéro. Parce qu'au moins, quand on a fumé, on ne met plus les pieds au bureau. On bloque pour de bon sur son canapé devant le dernier clip d'un jean-foutre et tant pis pour ceux que ça fait chier. Tandis qu'en état de transe méditative, non seulement on va d'un pas léger au boulot, mais en plus on remercie, avec force mouvements de la tête, le patron qui vient de sucrer votre prime de fin d'année. On lui tapote même le dos en ayant une pensée émue pour son karma.
Le bouddhisme, ancêtre du Développement Personnel (parasite vorace dont les librairies ne parviennent pas à se débarrasser), prône un dogme d'une simplicité achevée : le bonheur, quoi qu'il arrive. Le bonheur par le yoga, la méditation, la respiration. Vous allez mourir d'un cancer généralisé ? Respirez un bon coup. Les huissiers vous filent le train ? Méditez. Vous habitez à Gaza ou en Somalie ? Essayez la position du Lotus. De quel auxiliaire de police plus dévoué pouvait rêver un gouvernement ou un conseil d'administration ?! Les grandes boîtes, genre Michelin, Renault, Airbus, devraient imposer le bouddhisme à leurs employés. Je m'étonne d'ailleurs qu'elles ne l'aient pas déjà fait. Enfin, tout ça pour dire que le Lalaï Dalmate, avec son drapeau espagnol sur les épaules et son sourire de Kaa sur la face, quand je le vois léviter à la télé comme une baudruche de fête foraine, il ne m'inspire qu'une chose : m'aller désaltérer au troquet, accoudé au vide du comptoir. C'est dur et ça tient…
07:44 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : dalaï lama, développement personnel, bonheur, lotus, yoga










