13.11.2010
Qui se souvient de Michel Houellebecq ?

De Cioran à propos de Borges : « La malchance d’être reconnu s’est abattue sur lui. Il méritait mieux. Il méritait de demeurer dans l’ombre, dans l’imperceptible, de rester aussi insaisissable et aussi impopulaire que la nuance… La consécration est la pire des punitions… À partir du moment où tout le monde le cite, on ne peut plus le citer, ou, si on le fait, on a l’impression de venir grossir la masse de ses « admirateurs », de ses ennemis. Ceux qui veulent à tout prix lui rendre justice ne font en réalité que précipiter sa chute. »
Voilà ce qui est en train d’arriver à Houellebecq et voilà ce qui fait que Cioran me semble aujourd’hui moins négligé que Borges, duquel la critique en adoration devant lui pendant plusieurs décades s’est affranchie, celle-ci n’hésitant plus à relever ses « tours » et ses facilités, quand elle daigne encore relever quelque chose de lui. Le succès « de son vivant » d’un écrivain est une sorte de pacte faustien : la damnation éternelle l’attend au bout du chemin. Houellebecq l’a d’ailleurs fort bien compris, qui s’interroge dans son dernier roman sur la disparition littéraire de Jean-Louis Curtis, un méritant lauréat du Goncourt dont la mort en 1995 fut saluée par un silence écrasant. Curtis que plus personne ne lit, donc, hormis Houellebecq lui-même.
Portrait de Michel Houellebecq par Joëlle Delhovren.
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20.03.2009
Le Pape retire son préservatif
Gilles Leroy, romancier paraît-il, et même prix Goncourt, vient de mettre en ligne sur le site du Nouvel Obscène une pétition appelant le Pape à retirer ses propos déviants sur le préservatif. Très bien. C'est courageux, militant, civique et altruiste. Mais pourquoi ne pas lui demander de retirer carrément son préservatif, à ce Pape ? C'est vrai, ça. Qu'il aille d'abord tremper sa nouille sans filet, et ensuite, peut-être, si nous sommes bien lunés, prêterons-nous quelque attention à ses délires. Merde Alors !
15:57 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gilles leroy, goncourt, nouvel obs
11.11.2008
Le con court
Le prix Goncourt, prix qu'on bourre dans les cervelles chaque veille de 11 novembre histoire de faire croire qu'il existe aussi une gloire et des honneurs littéraires, a été décerné hier à Atiq Rahimi, tandis que le Renaudot, consolation de cette désolation, a été remis à Tierno Monénembo. En France, l'action affirmative, entendez la discrimination positive, s'exerce dans la serre éditoriale. Et pendant ce temps, sur son île lointaine, mon vieux pote Pierre se repasse Rambo 3 :
«Il porte un chapeau et arbore une moustache d'artagnanesque. Il est Afghan. Il écrit l'histoire d'une femme "qui a un corps et des désirs" et qui s'émancipe du joug des hommes et de la loi islamique. Il publie chez un éditeur "difficile". Donc il a le Goncourt. Son livre se vendra a plus de 300 000 exemplaires. Une femme l'eut écrit et c'était le million ! Marcel Aymé, Manchette, Proust et tant d'autres n'auraient aucune chance d'atteindre de tels tirages, voire de publier quoi que ce soit. Décrire le monde tel qu'il est et les gens tels qu'ils sont n'intéresse plus. On se fout de la gueule des scénars des films américains, stéréotypés, déclinant à l'infini tous les clichés du genre, dosant savamment la parité et le communautarisme, la cruauté et l'érotisme. La littérature en France n'est que ça. De l'eau de rose avec le liseret des éditeurs du sixième. Ça me faisait chier quand je vendais ces livres, mais c'est drôle, ça me révulse encore plus alors que je n'ai plus de contact avec cette "production". Je préfère encore regarder Rambo 3. C'est plus rigolo.»
09:03 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : goncourt, rahimi, monémembo










