05.12.2009
Infocalypse
Ambiance kinder garten. Mouche ton nez, car tu pourrais tuer l'instit avec ta morve.
Face à l'inexplicable, on a tendance à théologiser. La vaccination contre la grippe, c'est : une répétition générale, un test sanitaire grandeur nature, avant l'apparition probable, dans quelques années, d'un super virus exterminateur.
Ou :
Un complot des puissances du mal contre l'humanité. OMS = Organisation Mondiale de Satan. Le vaccin nous tuera tous. La preuve : les polonais, ultimes catholiques du Continent, et à ce titre toujours en ligne directe avec Dieu, ont été mis au parfum par Iceluy, et ont par conséquent refusé la vaccination.
Ou :
Une prophylaxie humaniste. Ne plus écrire MÉDECIN, mais MÉDESSAINT. Les pouvoirs publics sont bons, nous protègent. Hypothèse vraiment folle, mais la théologie est folle.
Ou :
Une hypertrophie de la machine sanitaire, dont l'activisme réduit les pouvoirs publics au rang de bras armé. Big Brother s'appelle désormais Big Seringue.
Malgré l'abondance d'informations la concernant, et sans doute à cause de cette abondance, la grippe nous contraint à une gymnastique interprétative délirante, exactement comme le réchauffement climatique. En l'espèce, abondance de biens nuit toujours. La transparence et la profusion de l'information créent une opacité infranchissable. Impossible de choisir entre le picotin d'avoine et le seau d'eau. Nous sommes des ânes morts. Ou plutôt : dans le doute, nous choisissons et le picotin et le seau d'eau. Mélangés, ils donnent une bouillie indigeste. Le seul complot existant est celui ourdi mécaniquement par nos prothèses médiatiques.
Fermez le ban. Et les journaux, la télé, l'ordinateur,…
08:38 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe a, réchauffement climatique, information, satan, dieu, oms, virus
02.12.2009
De la Suisse dans les idées
Les Suisses votent aussi mal que les Français, les Irlandais ou les Néerlandais. Des bœufs, quoi. On leur avait pourtant expliqué : les minarets, vous êtes pour, hein ?!… Comme on avait expliqué aux Français, Irlandais et Néerlandais : le Traité constitutionnel, vous êtes pour (point d'exclamation). Putain de peuples qui ne pissent pas dans le pot qu'on leur tend ! Incompréhensible… Totalement bouchés à l'émeri.
C'est toujours pareil, avec eux. On veut leur faire plaisir, on les démocratise, on met des autos à leur disposition, on leur laisse dire un minimum de conneries afin, croit-on, qu'ils n'en fassent pas un maximum, seulement voilà, ça ne leur suffit pas. Faut en plus qu'ils la ramènent… qu'ils donnent leur point de vue… leur avis… et nous foutent par conséquent dans une merde dont ils n'ont même pas idée. Se rendent-ils compte, ses Suisses de mes deux, que si les arabes retirent leurs pétro-dollars des banques zürichoises, des types en cravate vont devoir revendre deux ou trois de leurs limousines ? Non, bien sûr, c'est que des burnes. Sans compter que leur geste inconsidéré nous expose au terrorisme, à la guerre, à l'apocalypse, à la chienlit, à la grippe A, à la résurrection de Mickaël Jackson et aux 7 plaies du Bas-Berry, le tout conjugué un même jour de 2012 !
Les Français, les Irlandais et les Néerlandais, on les a matés. N'ont même plus droit au titre de carpette dans la belle Europe qu'on leur a chiée sur la tête. Problème réglé. Mais les Suisses. Ces cons-là n'en font pas partie et n'en veulent pas de notre belle Europe. Préfèrent leurs trous de Gruyère et les palines qui ornent les balcons de leurs chalets. On va en faire quoi, de ces gueux ? Les atomiser ? Après faudrait se justifier, remplir des papiers : trop de complications. Les faire revotationner ? C'est une solution, mais sont capables de confirmer en appel. Parce que sous leurs bonnets en laine, les suisses ont comme qui dirait de la suisse dans les idées, et même du petit suisse. Pas des montagnards pour rien.
Soyons francs. Si ça nous travaille tant, le vote suisse, c'est parce qu'il pourrait réveiller la fierté des 27 peuples émasculés qui siègent (au propre et au figuré) à Strasbourg. Or, la fierté des peuples, on sait à quoi elle conduit inexorablement : les aristocrates à la lanterne. Notez qu'on ne craint pas grand chose de ce point de vue, les aristocrates ne courant plus les rues de Berlin, ni celles de Paris ou de Rome, depuis au moins l'aube du 20 ème siècle. En Europe, depuis longtemps déjà, on fait dans le technocrate, un androïde chromé, pas plus malin qu'un aspirateur, mais c'est précisément ce qu'on lui demande : aspirer, le fric, les âmes, tout, androïde assisté par des politiques 2-de-QI, des médias 0-de-QI et tout un tas de services privés/publics tenus par des rentes. Mais on s'égare... et ça devient vraiment incompréhensible, même pour le type au clavier.
Revenons à nos Suisses (je reprends la parole, parce que l'européen qui parle à ma place commence à me sérieusement épuiser). J'ai strictement rien à foutre qu'ils n'aiment pas les minarets et les oiseaux perchés dessus. Evidemment, par leur geste, les Suisses n'ont pas manifesté beaucoup d'empathie, ni de diplomatie, et je peux comprendre que ça en inquiète plus d'un. Mais comment ne pas les remercier pour le spectacle offert : nos fumistes démocrates qui se torchent le cul sans vergogne avec l'objet de leur adoration.
Vive la Suisse Libre…
17:47 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : peuples, français, irlandais, néerlandais, grippe a, terrorisme, guerre, minarets
03.09.2009
Le coeur y est
Plus de bisous, de poignées de mains viriles ou de baisemains. Tout contact physique est désormais proscrit, because la grippe A rôde et menace. Ben oui…
Les premiers à se réjouir de cette situation sont évidemment les marchands de rien, comme cette agence de pub qui vient de commercialiser un badge (six euros les trois), badge dont le slogan renferme à lui seul toutes les odeurs de chiottes de notre petit monde vomitif : «LE CŒUR Y EST» ! Décryptage : je ne te fais pas la bise, grosse morue grippée, mais le cœur y est. Ou : je ne te sers pas la louche, engrippé de mes deux, mais le cœur y est. Tu vois, c'est écrit là, sur ma poitrine. Allez, à la revoyure.
Ca, c'est le résultat du principe de précaution. Qu'on pourrait appeler aussi l'effet capote (ne comptez pas sur moi pour développer la sombre idée qui me trotte dans la tête, je n'ai nulle envie de me faire papiser comme l'autre Benoît qu'on priera bientôt de ne plus quitter son état de trois mètres carrés de superficie).
Nous voilà donc d'un coup d'un seul, nous autres chaleureux méditerranéens, projetés dans l'univers polaire et amidonné des anglo-saxons, ces lavettes qui n'embrassent pas les femmes en public (le font-ils en privé ?…) et vous tendent une main ferme comme une nouille trop cuite. Beurk. Remarquez que le problème ne se pose plus vraiment en ces termes, puisque de toute façon nous n'aurons plus à souffrir ces immondes serrages de pinces outre-manchiens.
Au plan diplomatique, ce noli me tangere prophylactique entraînera immanquablement de sévères quiproquos. On le sait, poignées de mains, accolades et baisemains, suivant qu'ils sont appuyés ou esquissés, ont la capacité de nouer ou dénouer les liens internationaux. Avec le badge «LE CŒUR Y EST», finies les nuances. Le cœur y sera pour tout le monde, y compris le répugnant dictateur. Mais au fond, c'est peut-être ça, un monde d'amour.
16:01 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe a, anglo-saxons, diplomatique, dictateur, marchands










