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19.04.2010

Un journal appelé Le Monde

Lu dans la page sport du Monde.fr à propos d'un joueur français qui aurait fauté avec une prostituée mineure : «Ribéry avait l'air sérieux. Il s'est converti à l'islam et présentait tous les signes extérieurs de la conformité religieuse.» Je laisse à chacun le soin d'apprécier ces deux phrases, de les méditer, d'en rire et d'en pleurer. Le Monde, qui bouffe une dizaine de curés par jour et conpisse le catholicisme avec un bel entrain, voit apparemment dans l'Islam un gage (certain) de vertu et dans ce footballeur "converti" quelque chose comme un traître (à lyncher). Il "avait l'air sérieux" mais ne l'était pas. Ce journal m'étonnera toujours…

07.04.2010

Fatwa, un mot passe

fatwa.jpg

Sur les 32 000 mots que comprend le français usuel, environ 500 proviennent de l'arabe, lesquels sont le plus souvent relatifs à la botanique, l'équitation, la cuisine ou l'astronomie. Ma préférence va tout naturellement aux mots alambic et alcool, dont je note au passage qu'ils sont passés de mode dans leurs pays d'origine.

Depuis une vingtaine d'années, un mot arabe n'appartenant à aucun des registres susmentionnés tente à son tour de se faire une place au soleil de notre langue, hélas par la menace et le juridisme le plus exacerbé, je veux bien sûr parler de la fatwa.

Ce mot désigne un avis ayant force de loi et prononcé par un religieux musulman. Contrairement à une opinion très répandue, une fatwa n'a pas toujours valeur de condamnation, elle peut aussi avoir un caractère positif. Malheureusement, la fatwa lancée en 1989 contre l'écrivain Salman Rushdie accusé par des extrémistes d'avoir blasphémé le Coran a donné à ce mot un sens exclusivement négatif, et pour tout dire effrayant, surtout quand on songe à l'épreuve infligée à cet homme qui se terra durant de nombreuses années pour échapper à une mort infamante… décrétée par une poignée de fous.

Mais ce mot ne serait-il pas en train de perdre sa force et son pouvoir de fascination ? Je le rencontre de plus en plus souvent dans des conversations anodines ou dans des articles de presse sans rapport avec l'Islam, comme ce dernier en date sur Marianne2, où l'on apprend que Denis Tillinac «dénonce la police langagière et la fatwa médiatique», dont Eric Zemmour ferait les frais (sur ce point je ne pense pas que Zemmour soit en frais, «son» histoire lui ayant au contraire attiré beaucoup de sympathie et rabattu de nombreux lecteurs et auditeurs). Or, quand un mot tel que fatwa perd de sa virulence, c'est le signe qu'il est en train de se dissoudre dans le langage commun, et qu'un jour prochain, il sera aussi émoussé que inquisition, qui ne déclenche plus que des sourires de circonstance, ou guillotine, encore employé par les fenêtriers, mais seulement eux.

En conséquence de quoi, il me semble urgent pour les quelques religieux musulmans adeptes des condamnations et menaces tous azimuths (mot d'origine arabe) de trouver un mot qui ait à nouveau le tranchant d'un cimeterre (mot d'origine persane).

05.11.2009

A table !… Claude Lévi-Strauss est mort !…

Rien à voir avec la Cène, le sacrifice symbolique, l'union dans le partage du Corps. C'est une scène primitive, dans laquelle chacun s'empare d'un morceau, en poussant des grognements de hyène frustrée.

Les uns, les plus mous du bulbe, ceux qui ont toujours tout lu de travers et qui prennent leur petit cœur pour un gros cerveau, naturellement emportent le morceau de la différence. Ah, la Différence… Selon Saint-Claude, elle n'était en réalité possible que si chacun restait chez soi. L'échange et la communication entre groupes, d'accord, mais pas trop, à petites doses, sinon c'est le bordel. Sur ce point, il était parfaitement en phase avec les idées du GRECE, par exemple. Loin des yeux, près du cœur. C'est qu'il fuyait toute forme de promiscuité, Lévi-strauss. D'où le dégoût qu'il manifestait à tout bout de champ pour la démographie galopante. Un milliard d'humains, ça va, six milliards, bonjour le caca. Faites ce que bon vous semble avec votre ventre et votre queue, écrivait-il dans un style autrement plus châtié que le mien, mais de grâce ne plombez pas l'ambiance avec vos gosses. La démographie est donc le deuxième morceau emporté par ceux qui convoitent également l'héritage du grand penseur. Et cela nous amène à considérer le troisième morceau. J'ignore s'il assimilait Islam et démographie consciemment, toujours est-il que la concomitance de ces deux termes dans son œuvre est frappante. L'Islam, il aimait pas du tout. Incroyable ce qu'il a pu dire de cette religion, et jusqu'à récemment. Déjà, dans Tristes Tropiques, il lui taillait une burqa sur mesure. Du reste, de nombreux sites internet se régalent de citer ses diatribes. A côté, Dantec, c'est du petit lait.

Alors quand j'assiste à ce dépeçage en règle, je me dis qu'il a bien choisi son moment pour mourir, Claude Lévi-Strauss. Sa dépouille va alimenter la chaudière du débat sur l'identité nationale, les uns s'appuyant sur lui pour louanger la différence et la diversité, les autres, la différence irréductible, et d'autres pour casser du sucre sur le dos de l'Islam.

Vraiment, je ne regrette pas d'être venu.

09.10.2009

Le testament de Jean-Marie Le Pen

Comme à la Samaritaine, on trouve de tout au Front National : du catho lefebvriste qui ne comprend les mystères de la Trinité qu'en latin, de l'intello communiste reversé dans le combat solidariste, du punk habillé en canette de bière marquée d'une svastika, du royaliste maurassien qui vit des rentes de ses actions françaises, du païen tendance gréco-anale ayant un fort penchant pour la blondeur viking, et puis du légitimiste illégitime, du néo-pétainiste en garçonnière, sans oublier de la brebis égarée, du loup affamé, du lion assoupi, et des chefs, pleins de chefs, chapeautés par un hyper chef, Jean-Marie Le Pen, qui est tout ça en même temps, mais qui pourrait être tout autre chose, s'il était assuré de rester le CHEF, même mort. Le Front National est une auberge espagnole tapageuse remplie de paroissiens hétéroclites.

Or, quand surviendra la disparition de l'hyper chef, toutes ces composantes du Front National ont de fortes chances de se désolidariser les unes des autres comme les atomes d'un corps après la mort de celui-ci.

C'est la raison pour laquelle, et afin d'éviter cet éparpillement, Jean-Marie Le Pen a récemment publié son testament  sous forme d'interview dans les colonnes du magazine Flash, phosphorescente émanation éditoriale sortie de la cervelle survoltée d'Alain Soral.

Dans ce testament, il dit en gros trois choses. L'Islam est compatible avec la France laïque et républicaine. L'état d'Israël est pire que l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid. Ben Laden n'est pas l'organisateur des attentats du 11 septembre.

Cette trilatérale spirituelle réaffirme un principe politique qui a fait ses preuves : plutôt que de nous désunir, unissons-nous à l'autre ennemi de notre ennemi; l'autre ennemi étant l'islam et l'ennemi, le cosmopolitisme américano-sioniste. Ou sionisto-américaniste, je m'y perds.

L'ennemi commun, y'a rien de tel pour jeter des ponts entre les peuples. Et accessoirement sauver ce qui peut l'être d'un parti en déroute.

08.05.2009

La nuit et le brouillard de Fofana

Fofana, le X-Men de Bagneux, a pour avocats deux mutants : Isabelle Coutant-Peyre et Emmanuel Ludot. La première, amie et défenseur de Roger Garaudy, l'écrivain communiste converti à l'Islam et au négationnisme, a épousé Carlos, alias Ilich Ramírez Sánchez, un terroriste fameux (ah, toute ma jeunesse…), lui aussi converti à l'Islam. Ils vivent heureux ensemble, mais uniquement au parloir, vu que Carlos est en cabane depuis une quinzaine d'années. Outre qu'elle dirige en plus une revue intitulée A Contre Nuit (et brouillard, ndr), Isabelle Coutant-Peyre n'aime pas, mais alors pas du tout les sionistes, ainsi que leurs vassaux, c'est-à-dire tout le monde, à l'exception des musulmans, mais cela va sans dire, hommes et femmes libres comme l'air. Enfin pour l'air, sous la burqa, hein…

Quant au second, Emmanuel Ludot, il a défendu sans succès Saddam Hussein et prétendu dans un livre déjà oublié que le tyran irakien n'était en rien responsable du gazage des Kurdes. Faudra que j'en parle à mes amis kurdes, pour voir s'ils se marrent ou enragent. Faudra aussi que je leur demande qui a fait le coup, alors. En fait je connais déjà leur réponse : «Saddam Hussein !» Affreux ce qu'ils sont têtus. Il est vrai qu'ils sont kurdes.

Que Fofana ait deux avocats, je trouve ça très bien. Très bien pour les avocats. Deux avocats nourris au lieu d'un seul, c'est top. Et puis n'est-ce pas là, de la part du prévenu, un signe patent de générosité, et donc d'humanité ? Ca vaut largement une remise de peine d'un quart d'heure. Du reste, la bonté — n'ayons pas peur des mots — qui se dégage manifestement de la personnalité de Fofana n'a pas échappé à ses deux défenseurs, qui, dans un légitime accès de lyrisme, l'ont qualifié de bouc-émissaire. C'est bien le moins. Encore une victime du grand complot sioniste*.

Ca fait à présent une poignée de minutes que je tapote sur mon clavier, et je ne sais toujours pas qu'elle direction, ni même quel sens donner à ce papier. Je pensais que Fofana, ce salopard de première bourre, me soufflerait la suite, et pourquoi pas la fin, mais je me rends compte qu'il n'a rien à me dire, ni à moi, ni à personne. Le néant n'inspire pas, il aspire. Alors je me retire avant de glisser dans son trou.

*Là, j'exagère. Ils l'ont en fait présenté comme le « bouc émissaire des problèmes de racisme que rencontre la société française.» Laquelle société devient à son tour un bouc-émissaire dans la logique de ces deux avocats. C'est une autre histoire.

13.09.2008

Allergie religieuse

Dans le cahier de correspondance de mon fils, ce document libellé ainsi : «Votre enfant est inscrit à la cantine. Merci de nous signaler si pour des raisons médicales ou religieuses, il ne peut consommer certains aliments.» Jusqu'à présent, un enfant allergique à tel ou tel aliment était automatiquement signalé par ses parents auprès de son école et faisait alors l'objet d'un Projet d'Accueil Individualisé (PAI). Et c'est du reste toujours le cas. Ce document prouve donc deux choses : qu'il s'avère d'une totale inutilité en matière d'allergie, et que la religion, en l'occurrence l'Islam, a trouvé un nouveau prétexte pour s'infiltrer dans l'école : l'allergie. Ca me fout des boutons, tiens !

 
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