30.04.2008
Deadline
Un jour de mai 2003, j'ai vu des jeunes gens d'environ dix-huit ans défiler dans la rue fringués comme des mannequins de La Redoute. Ils réclamaient des garanties pour leur retraite. Ils voulaient être sûrs de la percevoir, de la toucher, de la palper quelques cinquante années plus tard. Ils n'avaient jamais soulevé une paille ni tenu une pelle entre leurs mains, pourtant, la morve au nez, ils exigeaient que Maman l'Etat leur assure une vieillesse dorée. Sans blague, on aurait dit des mômes faisant un caprice devant le rayon des jouets. Ce jour-là, j'ai pris conscience d'une chose : l'aventure est terminée. Nous pouvons ranger rêves et folie, personne n'en a plus aucune utilité. La fin de l'humanité va être longue et ennuyeuse.
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