18.09.2008
Et si on se retrouvait, Martine...
Après une brève carrière d'actrice, Cécile Aubry se lança dans l'écriture de livres pour la jeunesse. Belle et Sébastien, pour n'en citer qu'un, connut un beau succès, et fut même adapté au petit écran. J'avais huit ou neuf ans quand je regardais ça. J'aimais bien le chien. Martine Aubry, qui n'a pas encore renoncé à sa carrière d'actrice, écrit aussi. Elle vient de publier Et si on se retrouvait…, un livre d'entretiens qu'elle aurait eus avec le sociologue Jean Viard et le journaliste Stéphane Paoli, celui-là même qui sort de son pageot pour écrire, contrairement à Proust. Entre parenthèses, si j'écris «aurait eus», c'est simplement parce que je n'y étais pas ; ni au lit, ni dans la pièce où ces prétendus entretiens se seraient déroulés. J'en ai assez de gober les yeux fermés tout ce que les journaux racontent : la mère Michèle à perdu son chat, le train sifflera trois fois, la mariée était en noir… qu'on m'apporte des preuves ! Faute de quoi je persisterai dans le conditionnel.
Je me suis bien gardé de lire le livre de Martine Aubry. Ce qu'elle fait avec deux hommes d'âge mûr pour s'entretenir ne me regarde pas. Je m'étonne cependant qu'avec un titre pareil la censure ne l'ait pas déjà précipité dans les enfers de la Bibliothèque Nationale. Des invitations telles que Et si tu montais boire un dernier verre…ou C'est quand tu veux…n'auraient pas été plus suggestives et propices à inciter à la débauche. Par ailleurs, comment ne pas remarquer que le verbe «retrouver» dans la phrase Et si on se retrouvait… indique une évidente volonté de récidive de la part de la malheureuse. Elle y a pris goût et en redemande. Encore un mauvais tour du vice, n'aurait pas manqué de souligner la comtesse du Pas. Enfin je note que ce livre s'est faufilé dans les librairies en pleine rentrée littéraire, dans le sillage des chefs-d'œuvres d'Angot et Millet, nos deux ameugnounantes et néanmoins nationales messalines. Tirez-en les conclusions qui voudront bien s'imposer à votre esprit. A quelques semaines du sacre de Bertrand à Reims, le Parti Socialiste est vraiment dans de beau draps. A propos, qui portera la traîne ?
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