11.11.2008
Le con court
Le prix Goncourt, prix qu'on bourre dans les cervelles chaque veille de 11 novembre histoire de faire croire qu'il existe aussi une gloire et des honneurs littéraires, a été décerné hier à Atiq Rahimi, tandis que le Renaudot, consolation de cette désolation, a été remis à Tierno Monénembo. En France, l'action affirmative, entendez la discrimination positive, s'exerce dans la serre éditoriale. Et pendant ce temps, sur son île lointaine, mon vieux pote Pierre se repasse Rambo 3 :
«Il porte un chapeau et arbore une moustache d'artagnanesque. Il est Afghan. Il écrit l'histoire d'une femme "qui a un corps et des désirs" et qui s'émancipe du joug des hommes et de la loi islamique. Il publie chez un éditeur "difficile". Donc il a le Goncourt. Son livre se vendra a plus de 300 000 exemplaires. Une femme l'eut écrit et c'était le million ! Marcel Aymé, Manchette, Proust et tant d'autres n'auraient aucune chance d'atteindre de tels tirages, voire de publier quoi que ce soit. Décrire le monde tel qu'il est et les gens tels qu'ils sont n'intéresse plus. On se fout de la gueule des scénars des films américains, stéréotypés, déclinant à l'infini tous les clichés du genre, dosant savamment la parité et le communautarisme, la cruauté et l'érotisme. La littérature en France n'est que ça. De l'eau de rose avec le liseret des éditeurs du sixième. Ça me faisait chier quand je vendais ces livres, mais c'est drôle, ça me révulse encore plus alors que je n'ai plus de contact avec cette "production". Je préfère encore regarder Rambo 3. C'est plus rigolo.»
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