12.05.2010
Les fruits de Tintin au Congo

Des malheureux n'aiment pas les chroniques de Vialatte. Les rebute le plus souvent une impression de bric-à-brac et de cabinet de curiosités. Un de ces pauvrets, grand signeur de la presse, lui reprocha même de ne posséder qu'un «savoir quidesque». Et peut-être cela était-il vrai : le Quid, unique grimoire trônant sur la table d'écriture de l'Auvergnat.
Aggravons, si vous le voulez bien, le cas de cet écrivain, nous qui aimons tant ses chroniques : Vialatte était raciste (que Patrick Lozès, président du CRAN, approche son oreille et nettoie la lentille de son téléscope; je viens de lui trouver du grain à moudre).
Dans la chronique Le siècle d'Ubu et de Fantomas (Antiquité du Grand Chosier, éd. Julliard, 1984), Vialatte, par ailleurs auteur d'un roman au titre déjà fort douteux, Les Fruits du Congo, a écrit, deux points, ouvrez les guillemets : «Nous sommes devenus comme ces nègres, ou ces enfants, que l'avion supersonique ne surprend pas plus que le vélo.»
Cette phrase — nauséabonde et rappelant les heures sombres du colonialisme, de l'esclavagisme, du priapisme, de l'alcoolisme et du botulisme — sera bientôt précédée d'un avertissement (en tout cas dans notre exemplaire, écrit au crayon à papier d'une main tremblante et indignée), et cela dans un souci pédagogique.
«Et c'est ainsi qu'Allah est grand.»
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