10.04.2010
Un avion polonais s'écrase sur la télévision française
Un pays allié, un pays ami a perdu son président et une bonne partie de son élite dans un accident d'avion. Nous sommes unis à ce pays par l'Histoire et par une certaine façon de regarder le monde et de l'éprouver. Nous avons déclaré la guerre aux nazis quand ce pays a été envahi par cette bande de salopards et ce pays nous a offert sa plus belle jeunesse pour extraire le charbon de nos mines. Nous avons aidé ce pays et ce pays ne nous a jamais abandonné. Pour toutes ces raisons, et beaucoup d'autres, nous appartenons à la même famille.
Jusqu'à ce soir. Ce soir, les journaux télévisés français ont consacré moins de dix minutes de leur soupe à ce qu'il faut bien appeler le drame polonais. Moins de dix minutes. Une soupe dont les plus gros morceaux étaient la retraite de Le Pen, le sport, le retour du soleil et les faits divers. Je n'invente rien. L'homme tronc (con) de France 2 a même conclu le «chapitre» polonais par un convenu et révélateur : «Voilà tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet événement.» Evénement dont il n'a rien dit, sinon : avion tombé, stop - polonais tristes, stop - président mort, stop - président conservateur catholique, stop.
Un pays européen se trouve décapité et c'est «tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet évènement». Un pays auquel Poutine en personne venait, non sans quelques arrières pensées, de présenter les excuses du peuple russe pour le massacre de Katyn. Un pays dont Obama a souligné combien le drame qui l'affectait était aussi celui des Etats-Unis. Un pays dont l'enjeu géopolitique et géostratégique échappe apparemment totalement aux journalistes de la télé française.
Voilà tout ce que nous pouvions dire ce soir de cet événement — qui nous a surpris en plein apéro. C'est pas une excuse !
22:01 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : katyn, accident d'avion, président polonais, russie, poutine, obama
28.09.2009
Sylvio plaît, merci
Il ne doit pas être tous les jours agréable d'être italien. En tout cas depuis quelques années. Notez que la remarque vaut pour tous les peuples du monde, qui assistent, impuissants, aux gaffes de leurs dirigeants.
Dans le cas de Sylvio Berlusconi, l'effroyablement jovial Président du Conseil italien, le mot gaffe est sans doute un peu faible. Sottise me semble plus approprié. Sottises qu'il commet à répétition, par maladresse, inattention et surtout en raison d'un sévère manque d'éducation, et sottise constitutive de sa personne, dont on peut dire qu'elle semble n'avoir pas de limite. Les sots osent tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît.
Et Sylvio Berlusconi a osé, en public et pour la deuxième fois, se moquer gentiment (?) du «bronzage» de Barack Obama, ainsi que de celui de son épouse. Bien entendu, nous nous sentons extrêmement gênés pour les italiens, qui mériteraient bien mieux que lui, si toutefois ils consentaient à montrer un peu moins d'indifférence à l'égard de la politique (là, je me rends compte que je parle comme Ahmadinejad et Sarkozy).
Si Berlusconi donne de son pays une image désastreuse, il a en revanche pour nous autres français un avantage inestimable, celui de nous rendre notre Président de la République presque courtois, aimable et bien élevé, quand toutefois ces deux hommes se trouvent l'un à côté de l'autre, au sommet du G20 par exemple.
Alors vous me direz : «Oui, mais nous avons Brice Hortefeux !» A quoi je répondrai : «On s'en fout, tant qu'il est à l'Intérieur, il ne nous nuit pas à l'extérieur…»
15:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : berlusconi, obama, hortefeux, sarkozy, italiens
07.04.2009
Europe se dit OTAN
Avec Obi, alias Tintin au pays de la politique, la ligne est claire : la Turquie sera européenne, point. Et on ne discute pas. D'ailleurs personne ne discute. Personne pour lui dire d'aller se faire voir chez Chavez, par exemple. Merkel et Sarkozy s'étranglent, mais c'est en réalité pour mieux la boucler. L'OTAN est la structure politico-militaire de l'Europe, la Turquie est le pilier oriental de l'OTAN, la Turquie deviendra donc européenne. Et comme le chef de tout ça s'appelle en ce moment Obi, c'est lui qui décide. Dossier suivant.
Il n'y a guère que les européens qui n'ont pas été tenus au courant de la situation. Partout — aux Etats-Unis, bien sûr, mais aussi en Chine ou en Russie — Europe se dit OTAN. Et cela depuis 1949. C'est écrit dans toutes les bonnes encyclopédies. Malheureusement introuvables en Europe.
Cette ignorance est à l'origine de paradoxes très amusants. Celui que je préfère est le suivant : un tel crache sur l'OTAN, mais applaudit à l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Notez que son contraire est tout aussi réjouissant : pas de Turquie chez nous, mais vive l'OTAN.
C'est à ce genre de petits détails qu'on peut évaluer le poids et l'implication des européens dans le monde.
15:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, merkel, sarkozy
05.04.2009
Black blocs, bling-bling et bobos
Barack Obama prêche pour «un monde sans armes nucléaires» et sa femme Michelle offre une guitare à Carla Bruni. Vachement cool… Ne manquait qu'un beau feu de camp pour chanter en choeur Santiano. Les black blocs l'ont allumé à Strasbourg, capitale de la saucisse grillée.
11:56 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : obama, strasbourg
08.11.2008
Obamagicien

15:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama
05.11.2008
Un afro-américain élu par les affreux américains
Racistes jusqu'à hier soir, les américains se sont réveillés ce matin dans les draps frais de l'antiracisme avec nous à leurs côtés. Finies les injures et la défiance à leur égard, en route vers un nouveau monde, une nouvelle Amérique ! Bush ? Oublié. L'Irak ? Un mauvais rêve. Les subprimes ? Plaisanterie. L'IiiimmmpééééérrriiiaaaLISME ? Le plus bénin des tourismes. En une nuit, le pays de Grant et de Washington s'est emparé du leadership mondial de l'espoir en tube et de la joie en poudre. Tout ce qui viendra d'outre-atlantique portera désormais l'estampille Qualité Supérieure. Nos quelques tronches de scientifiques qui rechignaient encore à travailler là-bas pour des raisons d'ordre moral (les cons !) sont déjà au guichet d'Air France en train d'acheter leur aller simple. Quant au contingent de soldats français en Afghanistan, il sera doublé au printemps, car on ne refuse rien au pays paradisiaco-démocratique qui s'est offert un président noir… Et c'est ainsi que notre modeste province, d'illusions en renoncements, accèdera au définitif et très enviable statut de gouvernorat de l'Empire. A mes petits enfants, quand je serai liquide comme de la crème Mont-Blanc, je dirai d'une voix faible, mais encore audible : «La nuit du 4 novembre, j'y étais. — Mais où !? s'impatienteront-ils. — Ca, j'ai oublié…»
18:53 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : obama, afghanistan, province, gouvernorat, grant, washington
28.10.2008
Que veux-tu que la Boniface
La presse française — la plus bête du monde — vote Obama. Son engouement pour le beau noir me rappelle d'ailleurs les cris de joie pubères qu'elle poussait quand Harry Roselmack présenta le JT de TF1 pour la première fois. «Enfin un noir à la télé ! Vive la diversité ! Mort aux colonies ! Halte (un mot qui s'écrit HALDE à présent) au racisme !» Pour recouvrir son parti pris d'un vernis intellectuel, cette conne de presse qui ne sait décidément plus à quoi ressemble son métier, interviewe des crétins pratiquants comme Pascal Boniface, conseiller en politique internationale auprès de tout ce qui, à gauche, se refuse obstinément à penser. Un Boniface, dans le texte, ça donne ça : «Si 93% des Français souhaitent [la victoire de Barak Obama], c'est satisfaisant sur le niveau intellectuel de la France…» (Le Figaro du 27 octobre) Alors je me dis que si les américains lisaient la presse française, Obama ne serait même pas crédité de 5% dans les sondages. Mais du fait qu'ils ne la lisent pas (contrairement à 93% des français ?), comme d'habitude ils voteront Kennedy.
18:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama, élections, presse française










