18.05.2008
Péril jaune
L'attention que nous portons depuis dix jours aux moindres faits et gestes des chinois contraste avec le souverain mépris que nous affichions à leur égard voici quelques semaines encore. Comme s'ils étaient brutalement passés du statut de bourreaux à celui de victimes par la grâce d'un tremblement de terre. Pourtant, au lieu de nous rassurer, ce changement de notre perception a pour effet de nous plonger dans une grande stupeur : et si ce colosse avait des pieds d'argile ? Du coup les questions se bousculent : quelle incidence ce tremblement de terre aura sur l'économie mondiale ? Le marché alimentaire (riz) sera-t-il affecté ? La transparence affichée par les chinois n'est-elle qu'une ruse ? Sinon aura-t-elle des effets sur leur politique intérieure ? Et donc extérieure ? Un soulèvement des populations touchées par la catastrophe est-il
envisageable ? Les américains ou les russes ne seraient-ils pas tentés de profiter de ce moment de faiblesse ? Les journaux sont pleins de ces questions angoissantes. C'est presque risible. Les chinois nous semblent plus effrayants légèrement sonnés par un horion de la nature, que pétant le feu et en position de nous manger tout cru.
Sans aucun rapport, j'aimerais bien m'offrir une petite visite dans la boîte crânienne de Robert Ménard. En voilà un qui doit être furax contre la nature. Tout son plan de (communication) bataille fichu par terre par un séisme. Dur d'être un héros.
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