30.09.2008
Céline viré des chiottes par le maire de Strasbourg
Ce qui se trame à Strasbourg, habituellement je m'en tamponne le vertugadin. Mais là, quand même, ça vaut le coup d'y plonger sa lunette une seconde. Un designer bancable, le genre qui se mouche pas du coude, a décoré là-bas une nouvelle médiathèque. Comme c'est un astucieux, il s'est dit : au lieu de bouser dans le bâtiment une signalétique achetée au prix de gros, je vais graver des phrases d'écrivains célèbres, comportant chacune un mot-clé. Et hop, envoie les rotins. Ainsi, de Céline, ces deux lignes de Rigodon sur la porte des chiottes pour hommes : «Je vous laisse en plan et mes comics… Vite, mes oignons, que je vous retrouve ! Par ici, Mesdames et MESSIEURS… Encore deux mille pages au moins !» Le mot-clé est MESSIEURS. Voyez le génie du mec… Quelques jours avant l'inauguration du bazar, un universitaire de renom s'en va égoûter sa nouille aux ouaters. Alors qu'il a déjà la main à la braguette, le nom honni de Céline lui saute au visage. Un peu comme le poulpe dans Alien. Et il pisse sur ses mocassins. Fou de rage, et les chaussettes trempées, il appelle son pote le maire de Strasbourg, un homme nommé Roland Ries (de veau), qui lui dit, j'imagine en s'étranglant : «Sèche-toi les burlingtons, j'arrive ! Le Céline, on va le faire sauter !» Chose promise, chose due (seule promesse qu'il a dû tenir dans sa carrière), l'élu ramasse un manard aux services techniques de la ville (le travail manuel, ça le rebute), et la célinienne plaque des chiottes rejoint illico le container à ordures au fond de la cour. Depuis, à la médiathèque de Strasbourg, les mecs se décalottent le gland dans les chiottes pour femmes. Alerté, le MLF publiera un communiqué sous peu.
14:24 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roland ries, rigodon










