13.02.2010
Muray mis en voix par Luchini
Fabrice Luchini lira Philippe Muray les 13 et 15 mars prochains au Théâtre de l'Atelier. A Paris. Comme d'habitude, petits provinciaux de mes deux, ceinture…
M'en fous, j'ai tout Muray, que je poumone dans mon petit théâtre intérieur, entrée gratuite.
Mais ne boudons pas notre jouissance. Qui pourrait "tournée" court, cependant, façon interruptus, si tous les fans, les malades, les accros, les dopés, les adorateurs, les adeptes dudit Muray envahissaient l'Atelier. Ils n'ont pas à s'y rendre, ceux-là. C'est aux autres d'y aller. Les convulsionnaires bobotiques. Les socialistes à gourmette Cartier. Les extrêmouises de l'Extrême Moite. Les dieudonnistes et les soraliens. Les égolos et les verts à pied. L'écartèle des gauches. Les anti tout. Les chasseurs de phobes. Toute l'époque en somme. Cet asile d'aliénés où les fous se font appeler docteur. Ah, le spectacle, j'en salive d'avance. Je le vois, le fonctionnaire du ministère de la culture. L'a raclé gratos deux places au premier rang. L'aime bien Luchini, connaît pas Muray. Pose son derche à côté de son bon ami, un hercule rugbyman outé. Le rideau s'ouvre. Et la voix de l'ex-coiffeur de petite noblesse commence. L'introït est un extrait du XIXème siècle à travers les âges. Tout en modulation de fréquence, la voix. Aussitôt, c'est la révélation. Le petit fonctionnaire s'entend et se toise pour la première fois de sa misérable existence. Pourrait presque se toucher. Ce dont, entre parenthèses, s'occupe vigoureusement et discrètement son hercule, qui lui s'emmerde ferme car il n'entrave rien à ce qui est en train de se passer.
Homo-dixneuvièmis que je m'appelle, il se dit, le fonctionnaire. Et la thèse se déploie sous ses yeux. Occultisme et socialisme sont les deux faces d'une même médaille appelée délire d'harmonie. Face noire et face blanche. Magie noire et magie blanche. Que ça vient pour partie d'un problème de pipi-caca, un truc freudien, avec la Mère en surplomb et le père absent. Savait bien qu'il avait un vide à combler, le bo(no)bo du ministère. Un vide qu'est le tonneau des Danaïdes, alors ?... Qu'on ne remplit jamais, oui. Jamais. Pure illusion. Que la mort d'un bout à l'autre. Le vouloir-guérir est un délire. Mais d'où sort-y tout ce savoir qu'est l'exacte contraire d'une gnose, ce Muray ? Pas du romantisme en tout cas. Ni de la pouet-pouet-zizi à vers irréguliers. Faudra qu'il reprenne lectures, qu'y se dit, l'homoncule à l'hercule.
Donc, Muray, dans les poumons de Luchini. Chanceux parigots, têtes de veaux.
07:56 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : socialisme, occultisme, gnose, théâtre de l'atelier










